‹ Le Morvan; étude de géographie humaineChapitre 112 sur 232 · iatTOS-t idrand : .'/-. I · texte numérisé non relu

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LES FORMES AGRICOLES 4i3

planté le long des héritages pour servir de haie, donne un fruit utilisable. Distillé à l'alambic, il sert à faire un kirsch de bonne qualité. Malheureusement, sa cueillette cause des dégradations aux clôtures. Cette situation misérable contraste avec les riches vergers des pays calcaires où prospèrent des ceps plantureux et de nombreux cerisiers. Les pommeraies se développaient autrefois sur les pourtours du Morvan. Avallon en a tiré son nom1.

Les ouches.

Les ouches sont les meilleures des terres morvandelles, les plus fertiles, situées dans le voisinage des habitations. Le plus souvent, 1 emplacement de louche a déterminé celui de la chaumière. Dans les ventes, le jardin n'est jamais séparé de la maison ; louche forme un lot à part, qui atteint proportionnellement les prix les plus forts. Elle dépasse rarement cinquante ares. Elle a toujours été recherchée pour ses qualités exceptionnelles. Avant l'introduction du chaulage, c'était la seule terre où on pouvait réussir le blé. C était un sol privilégié, plus fertile que les arènes granitiques des plateaux élevés, la litière des élables lui étant presque exclusivement consacrée. Les ouches au lieu de se nourrir elles-mêmes s'enrichissaient aux dépens des autres terres2. Les champs étaient convertis en jachères quand ils étaient trop épuisés. Chaque propriétaire possédait son ouche, car elle fournissait à tous les besoins du ménage. Il suffisait de varier l'assolement, ce que les paysans s'entendaient assez bien à faire. C'était toute leur science agricole . L ne bonne ouche ne se reposait jamais ; on y voyait successivement du froment, du chanvre, des légumes, de la navette.

Depuis les derniers perfectionnements, l'ouche est avant tout l'emplacement où l'on cultive la pomme de terre. La treujje a toujours eu une réputation méritée. Certains auteurs ont déclaré que sa culture en Morvan avait précédé les essais de Parmentier !. Elle réussit mieux sur les terres légères du massif ancien que dans les terres plus lourdes du Bazois et de l'Auxois, où la moindre sécheresse fendille le calcaire et fait avorter le tubercule. Les villages en font une grande consommation. Elle sert à la nourriture des habitants et à l'engraissement des porcs. C'est en outre un des rares articles d'exportation des morvandeaux. Les années de sécheresse (1906 par exemple), elle

1. D'Arbois de Jubainville : i$i, Avallon et Vallerv-Radot : 23j, chap. i.

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