LE PATI RAGE
léveloppé savoureuse et épaisse grâce à l'humidité toujours entretenue. Enfin, les gneiss trop froids pour les céréales sont devenus «ne contrée d'élevage. La différence de paysage entre les chênes rabougris de la granulite el les herbages verdoyants de la zone des gneiss s'impose brusquement au voyageur qui suit la route d'Avallon à Lormes, ou celle d'Avallon à Quarré-les-Tombes. Après avoir dépassé la bande granulitique et boisée où le Cousin est encastré, la vue parcourt sans obstacles la suite des vallonnements sur lesquels les habitants ont établi des prés très productifs '. Les bois n'ont subite que là où les placages pliôcènes ont recouvert le substratum gneissique : Bois Boussadon, Bois de la Bouchoise, Bois de Serée. Cette transformation est récente. Il y a quarante ans. les terres vaines et vagues s'étendaient à cette place. Belgrand fut le premier à certifier que les 2 600 hectares de prés et pâtures, qui couvraient les communes morvandelles de l'Avallonnais. pouvaient se développer et atteindre 6000 hectares2. Ils dépassent actuellement -800 hectares.
Les prairies temporaires.
Les résultats de ces modifications furent tellement rapides et rémunérateurs que plusieurs fermiers du canton de Quarré-les-Tombes et de la commune de Bar-le-Régulier, voisins de l'Auxois où la chaux est moins chère, tentèrent de transformer en prairies temporaires certains de leurs champs plus facilement irrigables '. Le recenseur des terres de la Convention avait déjà signalé cette ressource. Il remarque dans son rapport « que les pâturages sont généralement sains et bons, que les prairies assez abondan tes produisent le nécessaire dans les bon nés années, ce qui fait négliger les prairies artificielles. Dans tout le district, contre 2000 arpents de bois, on compte à peine 200 arpents de luzerne, trèfle et sainfoin, ce qui est cependant une grande ressource pour la nourriture du bétail »4. 5o ans plus tard, le drainage et le chaulage permirent d'essayer cette culture. Elle réussit magnifiquement. Le trèfle et le foin viennent bien sur les gneiss, la luzerne qui ne se plaît pas sur le Lias trop sec, prospère sur le granité ". partout où elle peut résister aux longues neiges d'hiver. Ailleurs, les