‹ Le Morvan; étude de géographie humaineChapitre 133 sur 232 · Risler : 12J, p. 5') et · texte numérisé non relu

Risler : 12J, p. 5') et

/». Pernot : 121, p. \i et suivantes.

166 L'ELEVAGE

(mélange (le betteraves et de farines diverses) et livrés à la boucherie. Les génisses ne sont guère saillies avant 3o mois. Ce retard s'explique par la faiblesse du développement des animaux sur un soi parfois ingrat. Tout fermier possède des animaux classés par année en nombre égal : leur âge s'échelonne de un à cinq ans, six au maximum. Ils passent alors dans les mains des emboucheurs. Dans les grands domaines, les animaux de chaque catégorie occupent une pâture séparée et ils y restent nuit et jour tant que dure la belle saison. A 18 mois, les châtrons sont appariés et soumis au joug sans les envoyer au travail'. Puis ils sont attelés à la charrue où ils sont placés en tète pour épargner leur peine. L'entraînement au travail est progressif (PI. XVII). Pendantl'élé, le bétail à la pâture ne reçoit aucune nourriture supplémentaire ; pendant les labours d'automne, il leur est distribué un supplément de deux bottes de foin. Dans le courant de novembre, avec les premiers grands froids, les animaux sont rentrés à l'élable où ils restent jusqu'aux premiers jours de mars. Ils sont alors remis dans les prés.

Les vaches, avant de reproduire, sont gardées un an comme bêles à lait, les veaux sont cédés aux engraisseurs de la Nièvre qui les revendent à Paris lorsqu'ils sont à point. Les bœufs sont vendus à cinq ans, bien dressés et après avoir fourni deux ans au moins de bon travail ; le prix moyen de la paire oscille de i ioo à 1 65o francs. Ces bœufs sont achetés par des emboucheurs qui les destinent à la boucherie ou par des propriétaires qui ont besoin de forts animaux de travail.

Les grands marchés de bétail se tiennent sur les marges au printemps : à Decize, à Corbigny et à l'intérieur du Morvan, en octobre, après le travail des champs : à Chàteau-Chinon, à Anost, à Arleuf, à Luzy, surtout à Autun. Il n'est pas rare de rencontrer sur ces foires jusqu'à 800 tètes de bétail provenant du seul Morvan. La Saint-Ladre d'Autun, qui commence le 1er septembre et se prolonge pendant un mois, a toujours eu bonne réputation chez tous les agriculteurs de France. Les archives d'Autun nous ont conservé les mercuriales depuis 178G. Les prix sont d'abord restés stationnaircs autour de 35o francs la paire de bœufs jusqu'à l'ouverture du réseau routier. Vers i865, ils atteignaient 1 000 francs2. Le développement de- voies ferrées, La substitution de la race charolaise à la race morvandelle et surtout la demande plus pressante que jamais

i . !)'• ta Boulaye : rg j, p. 3o.

Page 1