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Mémoin de la Généralité de Paris

LE BETAIL 169

de taille moyenne1. Elle paraît être venue de l'Europe orientale avec les Celles. Elle était nombreuse en Lorraine, en Basse-Alsace ; elle existe encore en Bohême, en Hongrie, en Pologne, en Russie. Cet animal était seul à pouvoir s'acclimater sur les terrains maigres du granité où, en dehors des heures de travail, il paissait en liberté. A vrai dire, il n'était guère utilisé qu'aux confins du bas-pays. A l'intérieur du massif, le manque presque absolu de grandes routes, la difficulté de la circulation de détail le rendaient d'un usage difficile en dehors des vallées. Partout ailleurs, le transport était assuré par les bœufs. Longtemps, le Morvandeau a eu un certain mépris pour le cheval, qui coûtait cher à nourrir et qui ne servait pas à srrand'chose.

Cependant, très vif et très résistant, le cheval de race morvandelle était assez estimé aux armées2 : il fit merveille pendant la campagne de Russie en 1812. Soit que les paysans fissent couvrir leurs juments trop jeunes, soit par négligence des officiers des haras3, la race ancienne a presque complètement disparu. Les routes qui pénétrèrent le Morvan au milieu du xixe siècle furent pour beaucoup dans la transformation du cheval de trait. Le service des diligences demandait une cavalerie plus robuste, surtout de taille plus grande. Dupin, qui écrivait son livre à l'époque où fut tracé le réseau routier, constate l'amélioration de la race4.

Le type actuel se rapproche du percheron léger. C'est une bête noire, assez puissante et que la remonte achète pour l'artillerie. Comme le bœuf, le cheval naît dans le pays, mais s'élève sur les marges. Dans lAutunois, dans l'Auxois. dans la Montagne (Chalonnais), la race des chevaux est celle du Morvan. C'est une excellente bète de trait, dure au travail. A 18 mois, les chevaux sont vendus à des maquignons qui les élèvent dans l'Yonne ou en Champagne et qui les revendent à six ans à la Compagnie des Omnibus de Paiis'. Parfois, vers trois ans, ils remontent en Morvan pour y rester définitivement. A cet âge, ils valent de 1 000 à 1 5oo francs.

Depuis dix ans, l'amélioration constante des pâturages a développé l'élevage du cheval. Il a pénétré à l'intérieur du Bas-Morvan près de Saint-Germain-des-Champs, il a remonté la vallée du Ternin jusqu'à

1. Hervé et Hovelacque : i63, p. 34 et Piercpiin de Gembloux : Ethnogénic gauloise 2e édition 1873, II, p. 86

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