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raient qu'un petit nombre de peaux '. Dupin attribuait cet état misérable au mauvais entretien des bergeries, petites, mal éclairées. et d'où on n'enlevait le fumier que deux fois l'an, au printemps et à l'automne, mais surtout au climat qui ne convient pas en général à l'espèce ovine. Chaque année, le froid, l'humidité et les longs hivers en faisaient périr une partie, tandis que l'autre dégénérait de plus en plus 2.
A la vérité, la négligence des bergers, la rigueur du climat, ne sont pas seules causes de l'appauvrissement de la race. Sur le massif ancien, cet élevage ne peut réussir par suite des conditions géographiques. Le mouton est l'animal des terrains secs, des grands espaces, des terres vaines et vagues. En Mon an, l'humidité lui est contraire, il se heurte sans cesse aux forets, aux haies, qui découpent la propriété en nombreuses parcelles, aux ouches encloses autour des demeures très disséminées. Il ne trouve ni les vastes communaux des Alpes, ni les larges étendues des chaumes de la Bourgogne ou de la Montagne. Lorsque les landes furent défrichées et que les jachères furent occupées par les prairies temporaires, il vit encore son domaine se rétrécir. Il fut cantonné le plus souvent à l'écurie, livré à la surveillance des enfants, car les migrations temporaires des laboureurs et des nourrices le privaient du peu de soins qui lui sont nécessaires. Dès lors, toujours enfermé, privé d'air, mal nourri d'herbes dures et sèches, il a dépéri. Sa laine, si bien dégraissée qu'elle soit, demeure jaune. Le mouton morvandeau est avant tout un animal destiné à la boucherie.
C'est dans cet ordre d'idées que travailla la Société d'agriculture d'Autun, quand elle entreprit dans sa ferme modèle de Tavernaycn-Morvan la transformation de la race. Elle fit venir successivement des béliers du New-Kent et d'Ecosse. Le type actuel est produit par un croisement de brebis indigène et d'un bélier south-down, fort en viande, très faible en laine 3.
L'élevage du mouton n'est pas uniforme sur tout le massif ancien. Dans le Haut-Morvan, où les brebis manquent, les paysans achètent les agneaux sevrés et les revendent à 18 mois ou 2 ans. Dans le Sud-Est du massif ancien, les éleveurs achètent le animaux à 2 ans, les nourrissent dans les herbages et les revendent aux Charolais, aux Bressans et aux Francs-Comtois. Ceux-ci terminent l'engraissement