‹ Le Morvan; étude de géographie humaineChapitre 144 sur 232 · Luzcux. : 225, p. 02 et Broc de Segange : go · texte numérisé non relu

Luzcux. : 225, p. 02 et Broc de Segange : go

!\. G. Coquille: 216, Lvme question et réponse aux costumes. Cf. Lespinasse : 112.

civil, qui contenait le principe de leur dissolution. La dernière demeura jusqu'en iS'jS à Saint-Bénin-des-Bois sur la boutonnière granitique de (Saint-Saulge. Elle fut -visitée par Dupin. Bien que cette terre soi! située li< >i> Morvàn, l'identité des sols en culture, la réputation du visiteur el surtout l'importance d'un mode de propriété qui fut longtemps prépondérant sur le massif ancien, rendent cette visite particulièrement intéressante. Nous insisterons un peu longuement sur la description que Dupin en a laite ', car la communauté taisible explique le morcellement delà propriété morvandelle et les régimes de son exploitation actuelle.

Le groupe d'édifices qui compose les Jault. dit Dupin, est situé sur un petit mamelon, à la tête dune belle vallée de prés, bornée à l'horizon par des collines boisées. Il est même probable que. plus anciennement, il n'y avait en effet dans toute cette contrée que desbois en partie défrichés depuis. La maison principale n'a rien de remarquable au dehors. A l'intérieur on trouve un rez-de-chaussée en montant seulement deux marches, une vaste salle ayant à chaque boni une grande cheminée dont le manteau comporte environ neuf pieds de développement. C'est là que se réunissent les parsonniers autour du chef de la communauté pour recevoir ses ordres. La grande chambre est flanquée dans toute sa longueur d'un corridor, dans lequel débouchent, par autant de portes, des chambres séparées, véritables cellules où chaque ménagea son domicile particulier. Ces chambrettes sont tenues fort proprement ; dans chacune, il y a deux lits, quelquefois trois, suivant le nombre des enfants ; deux armoires en chêne ciré avec soin, ou bien un coffre et une armoire. Une table, deux sièges et fort peu d'ustensiles composent le mobilier. L'habitation abrite 36 personnes, femmes et enfants compris.

Le^ bâtiments d'exploitation sont spacieux el bien aménagés.

Les titres de l'association remontent à i5oo. Ils parlent de la communauté comme d'une chose déjà ancienne à cette époque. C'était un bien patrimonial, un bien franc. La possession de ce coin de terre s'était maintenue dans la famille Lejault et, avec le temps, elle s'était accrue successivement |>;ir le travail el l'économie. Il valait 200000 francs en 18/48, malgré les dots payées aux femmes.

\ l'origine, le maître naturel de la communauté fut le père de famille, puis son fils , et ainsi de suite, tant qu'on put trouver un aîné capable. Mais, dans le- temps modernes, on a choisi pour diriger les affaires le plus intelligent parmi les hommes faits et, pour

1 Dupin: 207, p. 8a et suivantes et \ Maron, 11.'!, passim.

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