L'ÉVOLUTION DE LA PROPRIÉTÉ
lution des communautés taisibles. Le partage eut lieu, non pas de manière à donner à chacun une quantité de terres de même valeur
Fig. 20. — Les formes de la propriété. (Échelle : i /6oo 000e).
et d'un seul tenant, mais de façon à ce que chacun possédât une parcelle de champ, et une parcelle de prés. Economiquement, c'était la seule méthode possible. Elle créait le morcellement excessif de la
propriété et l'inextricable mélange des biens fonciers. Mais ces défauts étaient inévitables. Dans toutes les communautés qui se sont dissoutes, chez les agriculteurs comme chez les pasteurs et chez les pêcheurs, c'est l'établissement type qui est la monnaie de la division1. En Morvan, il n\ a pas d'établissement type. Il importe pour qu'aucun ne soit lésé que chacun, suivanl la vigoureuse expression de Vauban, ait de toutes choses un peu. Les grandes propriétés qui s'étaient constituées au xvi' et au w n' siècles, avaient été contraintes, pour trouver des fermiers, de rediviser leurs terres au xvme siècle. La formation des petites exploitations avait commencé clans l'Est. A la \ cille de la Révolution, un marchand de Saulieu, recueille dans la paroisse de Forléans (près Vieux-Château) une succession de 34 hectares divisée en il\ pièces dont chacune n'a que 77 arcs en moyenne". A coté, près du Semurois, la paroisse de Prcnois compte io,3 pour 100 de ses habitants qui ne possèdent rien, et 89,7 pour 100 qui sont propriétaires'. De la Zone bordière, le mouvement se répand sur tout le Morvan. Les Cahiers des Etats Généraux signalent tous l'extrême division des hiens fonciers. La commune de Château-Chinon fait remarquer que les propriétés du Morvan sont extrêmement morcelées*. Elles sont di\ iséesà l'infini, circonstance qui lui est commune avec tous les terrains ingrats, tous les sols arides, dont la culture exige des forces nombreuses, des hras multipliés. Le morcellement des terres est le ternie d'une foule de procès, sommaires à la vérité, mais qui ne peinent, si modiques soient-ils, être décidés en dernier ressort devant les justices seigneuriales, et donnent ordinairement naissance à des procédures dispendieuses, lorsque la partie qui succomhc a la faculté de se pourvoir en appel. Il a été fait droit à ces réclamations, basées sur un lait économique certain, le partage poussé à l'extrême de la propriété; le tribunal a été transporté de Moulins-Engilbert à Château- Chinon6 ( ivz. 25 ).
1. Chur. Simple: B. of. \mer. <i. S., XXXVI, 1906, p. 149-466 el Dr G. Slates: ( i. .1. . [907, p. 35.
: tour '!<■ Saint-Genîa : 100, p. u~ et 101.
3. Loutchisky. l'< la petite propriété en France avantla Révolution... Revue historique, I-;,"). 1. III. p. 9.
'1. archives Parlementaires : / '-. Y. p. 64 a cl \n-li. V - : F25i6, 517,530.