‹ Le Morvan; étude de géographie humaineChapitre 150 sur 232 · De Ghamburc : i-'xi, p. xvi · texte numérisé non relu

De Ghamburc : i-'xi, p. xvi

le nom de plessie*. Tous les ans, on enlève les branches .secondaires (jtii ne partent pas de ces deux artères maîtresses. On arrive ainsi, par le même principe que le furetage, à Créer un réseau épais, où la sève esl conduite et non perdue dans des divagations inutilisables; on obtient une clôture parlai Je qui esl rigoureusement maintenue à :entimètres du sol. Autant que possible et pour bien repousser, bois doivent être inclinés dans le sens des vents dominants. Sur le rebord Nord de la Cuvette permienne, dans les cantons de Saint-Léger-sous-Beuvray el de Lucenay-TEvêque, les baies nouvelles se piaulent en épine blanche non traçante. Elles son! rabattues et élaguées tous les 3 ou \ ans, de manière à les maintenir ù une hauteur de im,5o à :>. mètres au maximum 2. Cependant, depuis que les grands bœufs blancs du Charolais ont remplacé la race morvandelle, les éleveurs ont tendance, dans les vallées de la Selle et du Ternin. à clore leurs prés avec des fds de 1er el des ronces artificielles* Le curage des fossés d'irrigation et l'entretien des baies sont les principales occupation- du laboureur pendant l'hiver.

En Morvan, le nombre des petites propriétés est variable suivant les communes. Il dépend de l'étendue de la forêt qui la limite. Dans les | - de l'arrondi— ement de Château-Chinon, l'héritage

ne dépasse guère six à huit hectares (ouche, champs et prés), il doit nourrir environ quatre vaches el huit cochons, ('elle étendue augmente vers le Haut-Morvan où l'herbe est plus rare et de qualité plus médiocre. Il faut plus de terres pour entretenir le même trouu. l'ai- contre l'héritage peut être plus petit dans le- \allées. \ Ghissey-en-Morvan, la moyenne est de 3 hectares; dans le Bas- Moi^ an. à Quarré-les-Tombes, à ^\f> altitudes moindres, elle dérarement "> hectares. Sur la Zone bordière des placages liasiques, l'étendue de la petite propriété esl plus forte. Le paysan plus

riche, sur de- leur- plus fécondes, enl retient un troupeau plus nombreux, huit vaches ou boni'-, une quinzaine de cochons e1 parfois deux ou trois brebis ; il a besoin de plus d'espace el la surface de son domaine peut atteindre quinze hectares.

Même avec cette extension, L'héritage (-1 exploité par le propriétaire el sa famille, sans domestique étranger. Le Morvandeau resté cantonné pendant longtemps sur son bien, esl demeuré très indépendant. Il n'aime pas à faire exécuter aux autres le travail des terres qu'il peul facilement mettre en valeur tout seul. Il \ a, dan- le pays

i . De ( lhambure : i'm. p. 667.

de Roussillon-en-Morvan, de nombreuses parcelles qui demeurent

oisives, soit que les propriétaires aient quitté le pays sans vendre, soit qu'ils soient morts sans héritiers, soit qu'ils préfèrent abandonner ees biens plutôt que de paver L'impôt. Le faire-valoir direct est presque exclusivement employé dans la partie occidentale du Morvan. Il laisse beaucoup de temps libre aux petits propriétaires qui émigrent dans les grands domaines ou sur les vastes exploitations pour y « gagner moisson ». La diffusion des biens fonciers en Morvan explique l'abondance de la main d'œuvre ; elle facilite la mise en valeur des grandes fermes dans les contrées environnantes.

La grande propriété. — Fermiers généraux. — Métayage.

Dans le Sud et le Sud-Est du Morvan domine la grande propriété. Elle prend son extension la plus grande dans les cantons de Saint- Léger-sous-Beuvray, de Luzy. d'Issy-l'Evêque, de Bourbon-Lancy et de Gueugnon. Les grands domaines de 80 à 100 hectares y sont fréquents. La moyenne est de 60 hectares. Les prés, les champs, sont plus étendus que dans le Haut-Morvan ; les bois sont sans grande importance. Le mot domaine revient souvent dans la toponymie de la contrée, soit seul, soit suivi d'un nom propre, principalement à l'Est de Millay et au Sud d'Avrée. Bien qu'elle fût une des plus fertiles du massif ancien, cette partie se distinguait jadis par l'absentéisme des seigneurs obligés de vivre à la Cour et par le mauvais entretien des terres livrées sans surveillance aux métayers et surtout aux fermiers généraux. A. Young, qui la traversa, ne manque pas d'observer que le rapport n'est pas en proportion de la valeur du sol. « Les biens rapportent ... environ l\ et demi pour 100 et on peut compter le produit du seigle à cinq pour un... Tout le pays, depuis Bourbon-Lancy (jusqu'à Autun) est de granité ou de gravier, et on n'y voit autre chose que du mauvais seigle... Si. dans une pareille situation, les propriétaires ne font pas valoir eux-mêmes leurs terres, quand ce serait au moins pour prouver qu'elles peuvent donner de meilleures récoltes, on sera obligé d'avouer qu'ilssontaussi insensibles que leurs métayers et que leur pauvreté est la juste récompense de leurs préjugés et de leur indolence '. »

Les critiques de l'agronome anglais étaient fort justes. Actuellement, ces terres sont plus surveillées par les propriétaires qui y rési-

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