‹ Le Morvan; étude de géographie humaineChapitre 151 sur 232 · A. Young : l>4», II, 3og-3i · texte numérisé non relu

A. Young : l>4», II, 3og-3i

dent au moins une parlie de l'année. Les baux sont mieux rédigés, les assolements fixés de manière à ne pas épuiser le sol. Les bénéfices n'ont pas tardé à se faire sentir. Le revenu dans le canton de Luzy, qui atteignait 8 fr. 60 l'hectare du temps d'Arthur Young1, est monté progressivement. Le taux du fermage va décroissant de la plaine à la montagne ; de 60 à 80 francs l'hectare dans la vallée de l'Arroux, il atteint rarement ^o francs sur les plus hauts sommets du Morvan. excepté sur les terres pins légères où réussit seule mieux la pomme de terre.

Le métayage est la forme la plus courante pour la mise en valeur de la grande propriété. On le rencontre principalement dans une bande de terrain limitée au Sud par les cantons de Luzy et de Sainl- Léger-sous-Beuvray et au Nord par une ligne imaginaire qui partirait de la butte de Bar, passerait par Luccnay l'Evêque au Sud d'Arlcuf et aboutirait à Saint-Honoré-les-Bains. Ce mode d'exploitation augmente au Nord au détriment du faire-valoir direct, au Sud au désavantage du fermage général ; il envahit à l'Est la Zone bordière des placages liasiques où domine la ferme. C'est incontestablement le métayage qui rapporte le plus au propriétaire et à l'exploiteur. La propriété de Vauban, à Bazoches, exploitée de compte à demi, produisait un loyer de 4 OOO livres, taux énorme pour le pays et pour l'époque2. Dès le xvine siècle, la grande propriété qui s'était constituée au \u" siècle, se divisa en métairies de l\o hectares3. Le plus souvent, elles furent confiées à des métayers. Elles produisaient du temps de Dupin ' un intérêt qui s'élevait à 2 pour 100 sans compter la belle-main du métayer et tous les bénéfices qui revenaient au propriétaire, lorsqu'il vivait dans le pays, des produits de l'établc et de la basse-cour. Les fermiers trouvaient également avantage au contact. Si la moyenne des baux est rarement supérieure à six ans, il s'en trouve qui se prolongent 2/i et 3o ans. Les métayers se passent le domaine de père en fds. En Morvan, les métayers fonl plus vite fortune que les fermiers.

Cependant, les fermiers généraux sont encore nombreux dans les cantons de Sainl-Léger-sous-Bcuvray, de Luzy et dans le Sud de celui de Château -Chinon. Les propriétaires absents du pays préfèrent traiter avec ces tenanciers qui leur donnent un revenu plus faillie.

1. V Young estimait l'acre à 76 livres (acre lo ares 47 centiares) rapportant 4,5 pour mu.

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