Mémoire de la Généralité de Paris, i3o, p. a/|Q
.1. I l.nir de SainU îenis : /<<", p. 97.
\. Dupin : •"7, p. 1 2-l3.
mais moins aléatoire, car il est généralement garanti par une hypothèque sur les biens propres du fermier général. Ces intermédiaires grèvent la propriété de nouvelles charges qui sont ordinairement supporters par le métayer. Plus âpre au gain que le propriétaire, le fermier général pressure le métayer, ne lui concède aucune remise sur les bonnes-mains.
Cette rigueur a fait sous la Révolulion l'objet de nombreuses plaintes adressées aux Comités de l'Agriculture et du Commerce. Les officiers municipaux de Thil-sur-Arroux, Issy-1'Evêque, Sainl- Léger-sous-Beuvray, se plaignent des abus que les fermiers exercenl contre les métayers en se faisant donner des étrennes, en exigeant des corvées, des services qui ne sont pas stipulés dans les baux. Ils demandent qu'un officier municipal examine ces transactions avant qu'elles soient conclues, et que des mesures rapides et sévères soient prises pour que les cultivateurs ne soient pas réduits à la misère par les fermages1. Actuellement, les fermiers généraux louent à long bail (9, 12, 18, i\ ans) toutes les propriétés d'un ou plusieurs particuliers. A leur tour, pour chaque domaine, ils prennent des métayers, voire même des fermiers pour les petites propriétés de six à dix hectares appelées locateries et conservent une ferme qu'ils exploitent eux-mêmes2. Les locateries de la Compagnie de Chencvaux (3 kilomètres au Sud d'Onlay) forment un ensemble de 35y hectares répartis en 26 pièces dont la plus petite atteint 2 hectares, la plus grande 46. La moyenne des terres est de i3 hect. 08. Le fermier général qui exploitait ces biens appartenant à divers propriétaires s'est retiré dernièrement, car il ne pouvait plus trouver de sous-fermiers.
Le propriétaire dans les fermes à métayage simple, le fermier général là où cette coutume est usitée, fournit la moitié du cheptel et avance généralement les fonds pour l'achat de l'autre moitié. La valeur du cheptel varie suivant l'importance des terres qui produisent le fourrage. Elle est plus élevée dans les vallées que sur les montagnes; elle dépasse rarement 7000 francs, et équivaut généralement à une année de loyer3. Chaque année, on retient au métayer une part de cette avance ; à la fin du bail, il est généralement devenu propriétaire d'une partie du bétail. Le métayer fournit la main-d'œuvre et contribue pour moitié à toutes les dépenses, il paie en outre la bonne-main.
1. Gerbaux et Schmidt : i33, p. 23g, 292, 3o4 et F10 284 et Carion : gr, p. 8- 16.
2. Pernot : 121, p. 2- et Ardouin-Dumazet : iga, Ire série, p. 80.