‹ Le Morvan; étude de géographie humaineChapitre 163 sur 232 · Ibid., 1 261 v '.\. Ibid · texte numérisé non relu

Ibid., 1 261 v '.\. Ibid

'1. Ibid., 1 •

importance d'autant plus grande qu'elle est à égale distance de l'Autunois et du Bazois sur la grande voie ferrée de Dijon à Nevers. Quatre économies différentes s'y rencontrent : 1 industrie de la cuvette permienne. la petite culture du Charolais, la sylviculture el l'élevage du Morvan, les embouches du Bazois. Cette situation topographique expliquerait à elle seule l'augmentation de population de ce chef-lieu de canton, contrastant profondément avec la diminution des centres analogues sur le massif ancien. Ses blés sont estimés jusqu'à Lyon ; ses bœufs vont directement à Paris ; ses porcs sont exportés en Suisse et de là en Allemagne. Cette prospérité s'étend aux 12 tenues d Etang-sur-Arroux.

La population, enrichie par les enfants assistés et par les salaires des ouvriers de la cuvette permienne, est une clientèle assurée des petits marchands.

Cependant, Autun, malgré la décroissance de sa population, reste toujours la grande assemblée du Morvan. Les louées de la Saint-Jean et de la Saint-Martin fixent le prix des bëtes à pain, des domestiques, pour toute la région, comme la Saint-Ladre, le Ier septembre, fixe le prix du bétail pour les emboucheurs. Les distillateurs, les sucriers du Nord, les Picards, viennent chercher les bœufs de travail que l'on engraissera avec la pulpe des betteraves avant de les revendre sur le marché de Paris. A la Saint-Ladre, à Autun, il se vend annuellement i5o bœufs gras, i 3oo bœufs de travail, i5o vaches à lait, ioo vaches grasses, 4 /joo moutons, 200 porcs gras, 55o chevaux. Les 4/5 du troupeau sont morvandeaux. Les propriétaires du Haut- Morvan réservent leurs ventes pour cette époque. Ils sont toujours sûrs d'y trouver un acquéreur qui est souvent rare sur les marchés de Chàteau-Chinon ou de Montsauche. Enfin. Autun est la grande tête de ligne de l'exportation des jeunes bêtes vers l'Autunois et le Charolais, des animaux de boucherie vers le Nord et surtout vers les abattoirs de la \illettc. Le bétail parti vers midi arrive à Paris dans la nuit. Le transport du wagon de 8 têtes coûte 125 francs à l'expéditeur (pi. XVII).

Un troisième moment commence dans l'évolution du commerce morvandeau. Les voies ferrées qui encerclent le massif ancien, les voies économiques qui le pénètrent, ont permis à l'acheteur d'entrer en relations plus étroites encore avec le paysan. Depuis une dizaine d'années, c'est à l'établc, à l'écurie, sur la pâture même, que se passent les marchés. En échange du bétail qu'il prend, le marchand cède au Morvandeau des farines, du vin, du pétrole. Ces procédés pratiqués avec succès d'abord à Roussillon-en-Morvan, dans le can-

ton de Quarré-les-Tombes, dans tout l'arrondissement de Chàteau- Chinon, tendent à s'établir sur le Haut-Morvan. Le paysan, avare <le son temps et de son argent, y trouve son avantage. Les petites villes ne sont plus que des magasins, des centres d'approvisionnement. Endormies la majeure partie de l'année dans la torpeur de leur inaction, elles se réveillent un jour par mois, au moment de rassemblée. Leurs vieilles murailles regorgent de tout le peuple des campagnes. On s'y rend pour se procurer ce qui ne vient pas dans les foires des petites communes, les outils agricoles, les vêtements, les chaussures. On s'y rend surtout parce que la ville est un centre administratif et procédurier.

Le réseau routier.

La domination romaine a marqué son action en Morvan par un réseau routier d'autant plus développé que le massif ancien se trouvait à proximité de Lyon, le grand centre administratif, commercial et militaire de la Gaule romaine. Sans doute, aux époques précédentes, la circulation intérieure ne fut pas inactive et bien des voies construites par les préfets de l'empire s'adaptèrent aux chemins des Éduens. Leur réseau suivait indifféremment les vallées et les plateaux, ne se préoccupant guère que de la rectitude du tracé. Ils se bornaient à creuser le sol pour en adoucir les pentes, à entailler le roc quand il faisail obstacle. Iiien ne distingue bien ces routes des chemins ruraux actuels. Cependant, on peut signaler, comme remontant avant l'invasion romaine, le chemin du Chatelet à Vcrmenoux parla forêl de Yalisy. Il mettait en communication directe Bibracte avec l'oppidum de Ghâteau-Chinon par les Cairnés et Glux. Peut-être aussi les voies romaines qui se dirigeaient de Saulieu sur Ghâteau-Chinon et de Saulieu sur Bibracte furent-elles établies sur des pistes gauloises 1.

Mais si les ingénieurs ne créèrent pas de toutes pièces le réseau routier, ils le combinèrent de façon à assurer à l'Empire le libre emploi de ses ressources et de ses forces; ils mirent la contrée en rapport avec les voies générales du commerce2. Ils lui donnèrent,

r Bogros : soi, p. a6o etJullian : 1O4, II, p. 536. a. Vidal de la Blache : iHq, p. 377.

Lky.unyii.le. — f.c ilorvan.

PL INCIIE XVII.

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