LA FOIUK DE LA SAINT-LADRE A AUTUN
Foire annuelle, le 1" septembre. Les archives de la ville possèdent les mercuriales depuis septembre 17S6.
bien que les quatre couches prescrites par Vitruve, inutiles sur le granité ancien, ne s'y trouvent point ', une solidité à toute épreuve, qui les a fait persister jusqu'à nos jours. Stratégiques aussi bien qu'économiques, les routes se tenaient de préférence sur les crêtes ou 5 flanc de coteaux2. Semblables aux routes militaires construites en Vendée au commencement du xiv' siècle, elles parcouraient des lieues entières sans rencontrer les agglomérations, auxquelles elles étaient liées par une circulation de détail. Autun était la tète de ligne du système3. Placée sur la voie d" Agrippa, la Civitas .Eduorum était en communication directe avec Lyon par Chalon-sur-Saône et Mâcon, avec Boulogne par Saulieu, Avallon, Troyes et Reims. Toute la partie orientale du Morvan était incessamment parcourue par les marchands, les légions et les nombreux fonctionnaires de la Lugdunaise. Enfin. d'Autun se détachait la route de Paris par Decize, Nevers et Orléans \ On arrivait à Decize, soit en passant par Toulon-su r-Arroux et Bourbon-Lancy, soit en suivant l'itinéraire de Bibracte et de Saint-IIonoré. Ces artères maîtresses entouraient le .Morvan ; la pénétration intime était assurée par un réseau très serré. Trois grands carrefours commandaient le système : Autun était le centre administratif. Bibracte le centre économique, Chàteau-Chinon le centre stratégique. De cet oppidum, six chemins dans les directions de Nevers, Entrains. Lormes, Saulieu, Autun et Saint-Honoré, permettaient de surveiller facilement une contrée rendue dangereuse par l'extension de ses bois.
La fin de la domination romaine fut le commencement de la déchéance pour le réseau routier. Les évèques ne surent pas conserver les voies de communication dans 1 excellent état où les avaient laissées les préfets. La forêt envahit les anciennes routes, le pays redevint impraticable. Les seigneurs détournèrent les routes pour les amener à leurs châteaux, ils ne réparèrent que la partie des chemins publics qui conduisait leur moulée aux ports de flottage. La voie romaine d'Autun à Chateau-Chinon fut rectifiée entre \ aulion et iSoncières pour passer près du château de Monceau et mise en bon état sur les terres des comtes de Changy, seigneurs de Roussillon-en-Morvan. Les comtes de Chàteau-Chinon prirent de même un soin tout particulier de la route de Lormes qui traversait leurs bois et permettait
i. Bergier: /.?/, I, chap. vi.