‹ Le Morvan; étude de géographie humaineChapitre 168 sur 232 · A. Young : afo, II, p. 3ia · texte numérisé non relu

A. Young : afo, II, p. 3ia

/,. Aid,. Y »: I iJ 5i6el Duvergier: ao8, pasaim.

îes pays voisins, une sorte dépouvantail pour le froid, la neige, les aspérités du terrain, la sauvagerie des habitants, un vrai pays de loups dans lequel le voyageur craignait de s'égarer... Qu'on se représente un chemin pierreux, tortueux, montant ou descendant sans cesse, traversé à chaque pas par des ruisseaux venant du faite des montagnes, bordé de haies vives ou creusé comme un ravin, et l'on aura ainsi une idée de l'un des meilleurs chemins du Morvan. Que 1 on juge d'après cela de l'état où devait être un chemin que les habitants appelaient eux-mêmes un chtif (chétif) chemin... Un pays qui pouvait offrir un transit court et facile de l'Est à l'Ouest de la France n'était qu'une impasse impénétrable pour tout autre roulage que celui des voitures à bœufs ' . »

'S ers i852, le réseau était achevé, au moins dans ses lignes principales, grâce à la volonté et à la haute situation de Dupin. Jusqu'à cette époque, les fonds des ponts et chaussées étaient employés aux routes de Paris à Lyon par Avallon et Saulieu ou de Nevers à Saint-Laurent par Autun, mais il n'était pas question de réunir la Côte-d'Or à la Nièvre à travers le Morvan2. En 1 838, la route nationale de Dijon à Nevers par Saulieu, Ouroux. Planchez, Saint-Brisson, Lormes et Corbigny, était établie aux frais communs de l'Etat et des départements de la Côte-d'Or et de la Nièvre. Le pont sur lequel elle traverse la Cure, au saut de Gouloux, coûta 80000 francs. La Chambre des Députés discuta pendant trois jours pour voter les crédits nécessaires. Trois ans plus tard, on inaugurait le pont-aqueduc de Montreuillon qui porte une partie des eaux de lionne dans le canal du Nivernais. L'élan était donné. En 18/16, on ouvrait à la circulation la route départementale de Chàteau- C binon à Montsauche et ses annexes sur Ouroux et Planchez. La diligence de Nevers à Dijon a passé à Montsauche le i 2 septembre i84 7 pour la première fois. La même année, le mauvais chemin vicinal entre Luzy et Château-Chinon était transformé en grande route départementale. La grande voie de Lormes à Chàteau-Chinou était achevée en i85o. La transversale Autun-Clamecy était assurée. Huit ans plus tard, une deuxième transversale Aulun-Nevers par Château-Chinon était créée. En i83o, le Morvan nivernais ne possédait que i5G kilomètres de routes pour 1 800 kilomètres carrés : en 1889. il en comptait 1 564, soit dix fois plus ; environ 2.3 mètres par habitant, alors que la moyenne en France est de 18 3.

1. Dupin : 20/, p. i ot 18; V. Petit : ijq, p. 10, et Duclos : g8, is'i'i.

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