I. — L'ASPECT EXTÉRIEUR
Généralement, l'habitation morvandelle ne comporte qu'un rez-dechaussée. Dans le Morvan nivernais, 85 pour ioo des demeures, dans le Morvan bourguignon 77 pour 100, sont construites sur ce modèle. Les maisons à deux étages sont rares. On en remarque quelques exemples à la limite des marges orientales où les terres plus riches produisent des céréales plus abondantes et nécessitent des granges plus vastes. Mais, généralement, elles se concentrent dans les chefs-lieux de canton et d'arrondissement. Elles ne prennent jamais les proportions des immeubles des grandes villes ; les entrepreneurs du Morvan ne possèdent pas les appareils nécessaires pour élever des matériaux difficilement taillables et fort pesants (pi. XVIII).
Les Châteaux.
Les constructions élevées ne sont représentées que par les châteaux, encore très nombreux malgré de fréquentes ruines. Ce sont les derniers vestiges de L'ancienne propriété féodale, les centres des grands domaines forestiers. Dans le llaut-Monan. leur densité esl grande. Il n'est pas rare d'en compter cinq et six par commune. Dans !•• Sud el sur la limite du Bazois, leurs propriétaires, que l'absentéismen'a pas atteint, dirigent eux-mêmes les exploitations paler-
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nelles. Par contre, ils deviennent plus rares dans la Zone bordière du Lias. Ils reculent, avec la foret eonquise, devant l'extension des céréales. Dans ses monographies, l'abbé Baudiau ne manque jamais de décrire avec complaisance ces anciennes demeures où vivaient et se mariaient entre eux les possesseurs des noms les plus beaux et les plus authentiques de l'Armoriai de France. Comme en Bretagne, ces manoirs sont le plus souvent localisés aux crêtes moinsfertiles dominant les vallées qu'ils surveillaient, à proximité des forêts dont ils exploitaient la chasse et les bois. Placés le plus soua ent au centre de la paroisse qu'ils surplombent (châteaux de La Rochemillay, de Glux-en-GIaine) sans avoir l'allure imposante des demeures seigneuriales construites sur les buttes-témoins (Yézelay, A vallon, Alise-Sainte-Reine, Semur), les châteaux morvandeaux conservent le type des anciennes demeures celtiques1. Destinés en temps de guerre à recevoir les populations serves, ils sont constitués presque uniformément par un vaisseau central, auquel viennent s'accoler de chaque côté deux tours carrées assez épaisses. Le premier étage contient les « chambr 'autes », vastes logements à la fois casernes et magasins2. L'ensemble est abrité par un toit aigu fait d'ardoises de montagne.
La Maison-type.
En dehors de ces deux exceptions, la maison des grosses agglomérations et le château, le type de l'habitation morvandelle ne comprend qu'un rez-de-chaussée. C'est la demeure que l'on rencontre le plus souvent, soit isolée, soit dans les hameaux et les bourgs, avec plus ou moins de communs, suivant que son propriétaire a plus ou moins perfectionné la culture des champs environnants dont elle est le centre et la raison d'être.
C'est le type original, celui retrouvé par M. Bulliot dans les fouilles de Bibracte 3. Les plans de l'archéologue nous représentent des fondations de i à 2 mètres de hauteur, creusées dans la pente de la montagne. Au-dessus s'élevaient des murailles de pisé recouvertes de paille. Les charpentes étaient portées sur des poutres intercalées dans la muraille et fixées dans le sol grâce à un mortier de