De Chambure : i5o, I, p. i6i
3. Meitzcn: ij2, I, p. 220-226 et Bulliot : i^8, I, cliap. iv.
terre sans chaux. La porle faite de bois et de pisé s'ouvrait sur l'arrière. Cette description convient encore presque textuellement ù la maison morvandelle, telle qu'elle était construite au milieu du xixe siècle et telle que l'a décrite le D' Monod1. Elle est comprise dans un périmètre dont Montsauche serait le centre et qui serait limité : au Nord par les départements de la Côtc-d'Or et de l'Yonne, en suivant une ligne allant de Saulieu à Quarré-les- Tombes et Bazoches ; à l'Ouest par le surplus du département de la Nièvre, en suivant une ligne allant de Gorbigny à Montrcuillon et Chàteau-Chinon : au Sud par le département de Saône-cl-Loire, en suivant une ligne allant de Château-Chinon à Roussillon et à Lucenay-TEvêque, et à l'Est par le département de Saône-et-Loirc. en suivant une ligne allant de Lucenay-l'Evêque à Bar-le-Régulier et Thoisy2. Ce sont à peu près les limites du Haut-Morvan. Malgré les voies de communication récentes, la demeure morvandelle s'y rencontre encore à l'état pur. En dehors de ces frontières, la proximité du calcaire et de l'argile a déjà modifié ses caractères.
A mi-côte, abritée des vents et suintant L'humidité du sol, la maison morvandelle se présente sous la forme d'un parallélipipède de 20 mètres de longueur, G mètres de largeur, 3 mètres de hauteur, recouvert d'une toiture de !\ à 5 mètres d'élévation. Les maisons modernes ont sensiblement les mêmes formes ; peut-être le toit estil moins incliné, la maçonnerie plus élevée. Elle est construite avec la roche de l'endroit, granité et porphyre dans le Ilaut-Morvan, gneiss rouge dans l'Avallonnais (ce qui lui donne un aspect moins triste) ou calcaire dans la Zone bordière. Ses matériaux sont le plus souvent choisis parmi les pierres qui émergent des chainps. Les exploitations de carrières pour pierre d'appareil sont rares. A peine peut-on signaler les carrières de la forêt de Saint-Prix (granulite), des forêts de Saint-Léger et du Brénil (gneiss et gneiss granitisé), de la forêt de Glaine (tufs porphyritiques). des communes de Lormes, de Mouron, de Sainte-Péreuse (granité et granulite) ; des communes de Saulieu, de Licrnais et de la Molte-Ternant (calcaire du Lias). A ces exceptions près, la pierre à bâtir est placée telle qu'elle est extraite, sans Tire équarrie, -ans autre mortier qu'un mélange d'arène et de terre. Le sable que l'on amène de Decizc et la chaux venue des marges étaient jusque dans ces derniers temps réservés pour les demeures des riches. Mais, depuis 1875, les gains de l'industrie
1. |i Monod: /-''': U>béJoly: iai\ Lavallée : •••'.'/ el Luquct: ■■■■'/. ■:. !)<■ Fovillc : 161, /-. .H73.
L'ASPECT EXTÉRIEI R ±r\
nourricière ont permis l'importation des ciments et des calcaires des bas-pays (fig. 29).
Le gneiss et la granulitc peuvent assez facilement recevoir les formes nécessaires aux revêtements d'angle ; mais le granité trop dur n'est pas taillable au ciseau. Il nécessite, pour l'établissement des coins et des chambranles, l'emploi des calcaires de l'Auxois ou du Bazois, plus faciles à façonner. Les propriétaire- les plus pauvres empruntent à la forêt voisine les poutres et les traverses que l'on a déjà signalées dans les fouilles de Bibracte '. Le Morvan montre encore.
Ouchi
Fie.
L'ancienne demeure.
cà et là, de vieilles masures dont les murs sont faits de troncs superposés, qui se croisent aux angles, entaillés à mi-bois. Le sapin peut être ainsi mis en œuvre à l'état brut. Le hêtre et le peuplier même exigent d'autres soins 2. Peut-être faut-il attribuer à cette difficulté originelle de trouver la pierre d'angle, aussi bien qu'à la crainte du fisc, le petit nombre d'ouvertures des maisons morvandelles. Une porte en planches de hêtre façonnées à la hache donne accès aux bêtes et aux gens. Parfois, 1 écurie a son entrée particulière, mais c'est alors au détriment des fenêtres, dont la quantité est diminuée. C'est un système d'aération économique, mais peu hygiénique. Le jour qui pénètre à l'intérieur des appartements est encore affaibli par les petits carreaux qui se partagent les ouvertures.