‹ Le Morvan; étude de géographie humaineChapitre 179 sur 232 · De Chambure : i5o, p · texte numérisé non relu

De Chambure : i5o, p

.k>8 LA MAISON

Mais, plus habituellement, chaque couche se compose d'un châlit avec une paillasse et une toile où s'engouffrent, faute de crin trop cher, les récoltes bisannuelles de plume d'oie ou de cane. En hiver, le paysan couche au-dessous de cette coiiète1. en été au-dessus. Un traversin avec une manière d'oreiller, nue couverture de poulangis grossier et des rideaux de bouëze ou de grosse serge complètent le lit. Chez les pauvres gens, le nombre des grabats supplée à leur dimension. Sous une de ces couches, dans les vieilles chaumières, une planche recouvrait la resserre des pommes de terre. le principal garde-manger de la famille. Cette coutume, qui n'était pas sans danger par la fermentation perpétuelle de la treuiïe, tend à disparaître, depuis la transformation rationnelle de la couche et du coffre à bardes qui la complète habituellement. Le lit est le souci de la morvandelle ; c'est à qui dans le village aura le plus élevé, le plus carré. Il n'est pas rare de rencontrer des lits hauts de im,5o qui imposent l'emploi d'une chaise pour y pénétrer. Longtemps, le lit neuf et l'armoire bourrée de linge, voire même l'armoire à glace, signalèrent la rentrée des nourrices enrichies à Paris2. Alligny-en-Morvan. Moux, Ouroux, Saint-Aignan, Saint-Brisson, qui avaient débuté dans celle industrie, furent les premières communes à posséder le confortable d'un mobilier pins moderne. Par contre, les berceaux sont restés longemps aussi inconfortables qu'au siècle dernier. C'est une espèce d'auge en bois si peu stable que, pour ne pas verser, reniant doit être maintenu par des cordelettes entre-croisées.

Dans un coin de la chambre se trouve la bassie%, sorte de bassin en cuivre vert-de-grisé où chacun vient puiser l'eau à boire. Aude-sous, une pierre à laver, percée d'un trou, laisse passer les eaux sales qui tombent dans une auge en bois pour les porcs. Des bancs, des tables trouées pour servir d'écuellc à soupe, une maie pour la panification dans un enfoncement, des outils de bûcheron (cognée. gard et goyard), un métier de sabotier dans la zone des bois blancs. rarem ut des outils de tisserand, tels sont les objets meublants espacés autour de la selle en bois où l'aïeul respecté tient ses oracles. Comme ornements et seulement chez les plus riches, en dehors des bouquets de mariée, le nombre prodigieux des gravures du premier empire atteste la vivacité des souvenirs de l'épopée impériale.

A côté de la pièce principale, il existe parfois une sorte de fournil

i . ])•■ Chambure : z5o, p. ig4- I illy : i//.ï; Legendre : 167.

3 1 1 < ihambure : i5o, 64-

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