‹ Le Morvan; étude de géographie humaineChapitre 180 sur 232 · L'ASPECT INTÉRIEUR · texte numérisé non relu

L'ASPECT INTÉRIEUR

qui sert en même temps de débarras, de buanderie, cl pour préparer la nourriture des animaux domestiques.

Malgré cette cohabitation forcée de toute une famille, il ne semble pas que les mœurs soient atteintes. Le grand nombre des filles-mères s'explique plutôt par la rapacité du paysan et l'industrie des nourrices. Les familles qui ne se livrent pas à celte exportation sont restées simples. M. de Foville1, appelé à assister à une noce villageoise, loin de tout chemin de fer, eut la surprise de voir que la chambre nuptiale contenait trois lits, dont un pour la nièce et la sœur de la jeune mariée, l'autre pour une aïeule malade et impotente. Les principaux intéressés semblaient trouver cela tout naturel et « c'étaient assurément les plus honnêtes gens du monde, consciences droites et mœurs pures. »

Malgré toutes ces dispositions contraires aux lois de l'hygiène, la race petite et trapue est tellement vigoureuse que les centenaires ne sont pas rares. Les communes de Cbaumard, Planchez, Sainte- Péreuse, \ illapourçon, s'enorgueillissent d'en citer le plus grand nombre.

L'Alimen ta don .

La nourriture demeurée très saine et parfois très rudimentaire a été pour beaucoup dans la santé du Morvandeau, « Tout ce qui s'appelle bas peuple, écrivait l'intendant en i6p,82,ne vit que de pain d'orge et d'avoine mêlés, dont ils n'ôtent même pas le son ce qui fait qu'il y a tel pain qu'on peut lever par les pailles d'avoine dont il est mêlé... Il n'y a que les plus aisés qui mangent du pain de seigle mêlé d'orge et de froment. » Il attribuait cette nourriture défectueuse à l'état négligé des cultures et au caractère indolent des habitants. Pendant le xvme siècle3 et toute la première moitié du xixe, cette situation ne changea pas. Alors que le pain ne coûtait que deux sous la livre et la viande six sous, les repas étaient uniformément composés '* :

Le matin : de soupe à l'huile de navette, parfois avec une greille (morceau de lard)", sans beurre, car le lait était réservé à l'élevage des veaux ;

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