LA VALEUR DE L'HABITATION
que la valeur intrinsèque d'une chaumière clans le Haut-Morvan
puisse dépasser mille francs.
De i85i à 1889, époque à laquelle Hovelacque a fait son enquête, le revenu moyen de la propriété bâtie a progressé dans l'arrondissement de Château-Ghinon de G \ pour 100, et l'augmentation moyenne de la propriété a été de 91,4 pour 100. Dans les cantons de Ghâteau-Chinon et de Monlsauchc, la valeur locative moyenne. qui n'élait en 1 85 1 que de ^9 fr. 80, a été en 1879 de 71 ''• i,")- Elle parait osciller à l'heure actuelle autour de 90 francs, en y comprenant les quelques arpents de Touche qui entoure toutes les habitations. Ces valeurs sont moindres dans les autres cantons du Morvan, à cause de la dissémination des hameaux et de l'éloignement des voies ferrées. La dernière statistique financière donne comme revenu foncier : 100 francs dans le canton de Luzy. 92 dans celui de Château-Chinon, 63 dans celui de Lormes, 1$ dans celui de Montsauche '.
A la vérité, les baux de maison sont rares enMorvan. L'habitant, excepté dans les grands centres, ne cherche pas un revenu de son immeuble. Construite pour lui et par lui, la demeure reste sa propriété sa vie durant : s'il quitte le pays momentanément, il laisse sa demeure inoccupée. Si cependant il cherche à la louer, il ne peut guère compter trouver un revenu élevé: i5 à 3o francs l'an d'une vieille chaumière, 80 à 100 francs d'une maison moderne. Le Morvan est parmi les pays de France celui où les habitations occupées par le propriétaire seul sont dans les plus grandes proportions. Près de 80 pour 100 n'ont pas de locataires, chiffre énorme si l'on pense que la moyenne pour toute la France n'est que de 6/i pour 100 2. De même, on ne compte à peine que i,i53 ménage par maison, tandis que la moyenne française dépasse i,3~. C'est donc une population de propriétaires, bien française, qui apprécie plus que quiconque les douceurs de son « home ». Et le vrai home, le vrai foyer, à la campagne, en Morvan surtout, c'est celui où l'on règne souverainement et non pas celui dont on n'est que l'hôte précaire, l'éphémère occupant \
Telle qu'elle se présente, la demeure du Morvandeau offre un con-