LE ROLE DE LA FORÊT DANS LES PE1 I M. KM F. XTS U
grange constitue une forme toponymique encore fréquente sur la lisière occidentale du massif ancien et sur la rive gauche du Cousin. Jl marque une exploitation agricole qui fut alors tn>s importante. Un maître dirigeait les granges. Il avait sous sa surveillance les frères convers, bergers, bouviers, laboureurs, charretiers, forgerons. laitiers, dont le nombre ne dépassait, pas huit ou dix individus. ((Ces granges formaient un parallélogramme avec une cour au milieu et deux grandes portos d'entrée ; d'un côté se trouvaient les logements des frères et de l'autre les écuries et les magasins. A l'entour étaient des jardins et des terres labourables, puis venaient, des prés et des bois. Ces granges ont été l'origine de beaucoup de hameaux et de villages ' . »
C'est surtout à la forêt que s'attaquaient les forces colonisatrices des abbés. Les terres conquises sur les grands bois devinrent les emplacements des nombreux hameaux composés de trois ou quatre maisons et qui portent un nom particulier au Morvan : ÏHuys, presque toujours suivi du nom du propriétaire. De môme qu'en Normandie, ville forme la terminaison d'une foule de noms de localités, l'huis, en Morvan. entre dans la composition d'une foule de noms de hameaux : l'huis au Page, l'huis Bréchard, l'huis au Fiot, l'huis Dupin sont autant de hameaux fondés par Lepage, Bréchard, Le Fiot, Dupin2. C'est une appellation toute morvandelle. Le dictionnaire de Soultrait en compte i3^\ pour le département de la Nièvre seul1; le Dictionnaire des Postes n'en indique point hors Morvan. A part trois huis sur le calcaire du Bazois, à proximité delà faille limite, la grosse majorité est sise sur les roches granitiques et granulitiques. La commune de Brassy (canton de Lormes) en possède pour sapait plus de i3 spécimens. Le gneiss près de Saint- André en Morvan, le gneiss granitisé près de Saulieu et de Brazey-en-Morvan, en supportent quelques exemples. Les limites de la forme huis seraient: au Sud une ligne passant par Sainte-Péreuse, Chateau-Chinon et Giensur-Cure : à l'Est une ligne passant par les Settons et Saint-Aignan. Bien que la densité de ces formes onomastiques soit plus forte vers la faille occidentale, leur extension à l'intérieur du Haut-Morvan indique le souci de reconquérir la sylve médiévale. Celte dénomination, assimilable aux hofen. allemands, est certainement post-carolingienne*. On la trouve dans un acte du Cartulairc de l'Eveché d'Autun du
i. Quantin : i8u, I, p. xxxv, xxxvi.