‹ Le Morvan; étude de géographie humaineChapitre 215 sur 232 · I. Blin : icj8, p · texte numérisé non relu

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Levainville. — Le Morvan. 18

Laon, Melun, les environs tle Paris, comme la Picardie elle-même, sont la Picardie. Ce mot Picardie usité dans tout le pays, est une des conséquences de la visite annuelle des marchands d'Amiens qui viennenl en Morvan acheter de gros bœufs charretiers à destination du pays des betteraves, et qui profitent de la louée du ier mars pour y retenir quelques domestiques1. La profession de bœutier est le dernier souvenir de la profession de galvacher autrefois si répandue el <|ui ne subsiste plus qu'au pays d'Anost.

Les pièces d'archives du commencement du xi\' siècle montrenl qu'il existait dans l'arrondissement de Château-Chinon environ 90 individus qui allaient annuellement travailler hors du département avec une voiture à deux bœufs. 80 d'entre eux entreprenaient des transports, notamment de bois de chauffage, pour l'approvisionnement de Paris. Ils s'absentaient (i, 7 et 8 mois de l'année, du printemps à l'automne. Ils se dirigeaient sur les ports de bois el le plus souvent à Dormans, Mùssy et Cl rissée (Marne) ; Montereau, Brisson, Saint-Fargeau, Saint-Sauveur (^ionne); Saint-Germain-des- Bois, Dijon (Côte-d'Or) : Autun (Saône-et-Loire), Bourbon-1'Archambault (Allier). Châtillon-sur-Loire (Loiret). Chacun d'eux pouvait rapporter dans une campagne environ f\oo francs, tons frais payés. Les autres conduisaient avec leurs bœufs, à Paris, des bascules à poissons. Hommes de confiance des propriétaires pécheurs des étangs, ils s'arrêtaient d'abord à Sceaux et à Poissy. Puis ils arrivaient dans la capitale où ils restaient de décembre à mars. Généralement, en fin de campagne, ils vendaient leur attelage sur. place. Dupin signale encore les charroyeurs du canton de Lormes. Ils introduisaient avec leurs petites charrettes à deux bœufs les vins de Bourgogne, les selles, les pelles de bois, les jougs et portaient les sabots aux pays d'en bas \

Les communes du llaut-Morvan fournissaient le plus grand nombre d'attelages. La profession de galvacher avait sa chanson, célèbre sur tout le massif ancien :

Planchez, Montsauche et Saint-Brisson An premié mai tous i pairtons.

Ouroux, Ga cogne, IYcImn, Gien peu Axleuf,

Pour lai Bourgogne, Allons piquez \<>s bœufs.

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