Rougier : a
LE HAUT-MORYAN 51
lite, celui de Châleau-Chinon en grande partie dans le granité; ceux de Gorancy, de Lavault-de-Fréloy, de Montsauche dans le granité et la microgranulite ; celui de Chaumard dans la microgranulite. A peine la différence de consistance des roches peut-elle rire une des causes de resserrement des cuvettes méridionales creusées sur dos sols géologiquement plus récents ; encore leur situation géographique, auprès des plus hauts sommets du Morvan. sufïitelle à expliquer 1 étroitesse de leur dessin.
L'examen topographique et géologique du Haut-Morvan nous ((•nduit à chercher dans le phénomène dynamique qui a créé les Alpes l'explication des cuvettes si caractéristiques des hautes vallées. Le quadrillage tertiaire a été l'ossature de ces cuvettes, l'érosion en a opéré le déblaiement.
Le décapage des sédiments secondaires, peu épais dans la partie occidentale du massif ancien, dut être assez rapide. L'érosion continua son action corrosive aux dépens de la montagne elle-même, sur une épaisseur dépassant souvent 5oo mètres1, évidant les bombements résultant des plissements alpins. Elle entassa les produits de désagrégation dans les cuvettes, ils constituèrent un raccordement relativement doux entre les fonds et les hauteurs encadrantes. On note 8 pour ioo dans la cuvette d'Arleuf pour la pente en amont de la Groix-Paquelin ; 6 pour ioo dans la cuvette de Château-Chinon pour la pente au Sud du Foulon de la Roche, l\ pour 100 dans la cuvette de Gorancy, pour la pente à l'Est de la cote 336 sur l'Yonne. Près des sommets seulement, les côtes commencent à raidir. Tout voyageur qui s'est promené dans le Morvan n'a pas été sans remarquer que si les commencements sont faciles à gravir, les environs de la crête sont moins agréables. Ces inclinaisons plus fortes se distinguent parle manteau des forêts qui s'y sont implantées. Les ourhes qui se développent plus bas, les champs et les prairies sèches qui réussissent sur les hauts ne pouvaient être essayés ici malgré les progrès du chaulage. Sur ces terres maigres, très inclinées, les forêts font une couronne aux cirques du Morvan. Cette topographie est bien traduite dans la cuvette de l'Yonne. Le terrain ne s'y relève définitivement que dans les hauteurs boisées à l'Ouest.
Les matériaux arrachés au massif par le ruissellement se sont déposés dans les fonds. Ils ont adouci les inclinaisons du début et constitué un tapis épais d alluvions fertiles. Les meilleures terres de la région sont faites avec ces produits de décomposition, accumulés
i. Michel-Lévy : 36, p. 4o0.
pendant de longues années. Les groupements humains se sont établis de bonne heure sur ces sols féconds. Le travail de comblement dur;» jusqu'à ce que les eaux fussent assez élevées au-dessus des houes entassées chaque jour, pour pouvoir s ('couler à travers les brèches creusées par l'érosion dans le quadrillage alpin. Une ligne qui joindrait les étangs de début des rivières dans les cuvettes, marquerait la limite des dépôts de nivellement avant leur écoulement vers
[y7| Y2 Granu/ite è mica noir
p77] Y] Diorite et schistes dioritiques
[~~| Q' Quartz saccharoide et corné
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Fie ii. Schéma <!«• l'écoulemenl des eaux dans la cuvette d'Arlcuf.
l'Ouest. Les issues se trouvaient en efifel presque toujours dans la muraille plus occidentale, la moins parfaite : mais, telle était la largeur du lac qu'il envoyai! également des eflluents dans d'autres directions. La cuvette d'Arleufse vida surtout vers celle de Corancy, mais ses eaux se dirigèrent encore vers le Sud-Ouest (cote 52 1) où elles rejoignirenl l'Yonne près du confluenl de l'émissaire de la cuvette de Fachin, el même vers le Nord-Est, où elles contribuèrent longtemps à gonfler les ruisseaux du système de l'Arroux. L'érosion n'a pas arrêté son œuvre; dans les cuvettes, les profils d'équilibre Boni loin d'être atteinte el les versants des vallées à leur sommet