‹ Le Morvan; étude de géographie humaineChapitre 62 sur 232 · LES EAUX STAGNANTES · texte numérisé non relu

LES EAUX STAGNANTES

îles gâtes dans le Haut-Morvan l. Leur sol mouvant, dangereux pour le bétail qui s'y enlize, est entouré d'un cercle de piquets. Ces tourbières ne donnent qu'un produit incomplet et inexploitable par suite de la fraîcheur des eaux qui arrête sa transformation complète. Elles ne se trouvent que dans les vallées où coulent des ruisseaux trop faibles pour avoir des crues violentes, et encore sur les pentes, bien au-dessus de la limite des hautes eaux. Elles n'existent pas dans les vallées de l'Yonne, de la Cure et du Serein, où les inondations brusques et fréquentes empêchent tout dépôt sur les rives 2. Les sols granitiques, de décomposition plus facile que les sols porphyritiques, sont plus favorables au développement delà tourbe. Les prés qui s'y forment sont de médiocre qualité ; le fourrage n'y est pas abondant ; le foin donne à peine 45o bottes à l'hectare. Depuis le milieu du xix'' siècle, les forestiers et les propriétaires se sont occupés avec succès du dessèchement des mouilles et des verniers. Les eaux ont été dirigées par l'irrigation sur des solins ou terres sèches ; la tourbe, conduite dans les champs cl mélangée avec de la chaux vive, a constitué un excellent engrais. Le vernier. débarrassé du surcroît de ses eaux, puis convenablement travaillé et amendé, est devenu une prairie consistante, d'excellent rapport et qui permet d'augmenter et d'améliorer l'élevage du gros bétail. Les fonds marécageux entre l'\onne elle Chalaux. et sur les rives de la Cure, aux environs de Chaslellux. ont subi cette transformation. Leur souvenir persiste seul dans les noms qu ds ont laissés aux terres maintenant fertiles.

Les Étangs.

Les étangs (les mortes-eaux dans l'idiome morvandeau) 3 sont demeurés en plus grand nombre sur le massif ancien, bien que plusieurs d'entre eux aient été asséchés. Pour certains, ces opérations se sont faites presque naturellement. La pente partout considérable a permis aux rivières de creuser assez leur lit pour vider, presque sans le secours de l'homme, les anciens lacs : Crézançon , près de Roussillon-en-Morvan ; les Settons à Moux et à Monlsauche, avant de redevenir un réservoir artificiel : la Grande Prairie

i. Collenot : 10, p. 20 et de Chambure : i.'io, p. 4o5 et 442

Page 1