I. — L'ANCIENNE FORÊT L'évolution de la forêt
La forêt couvrait la majeure partie du territoire des Eduens. Elle était une des causes de leur fortune. Le Noir-Morvan dominait à l'Est les routes et les prés luxuriants de la vallée de la Saône, à 1 Ouest, les chemins et les champs fertiles des bords de la Loire'. La diffusion des vocables forestiers est une preuve de l'extension ancienne des bois 2. La grande futaie se reconnaît dans les noms de Cotets, Cussy, Cuzy. Quincize. Les fourrés et les taillis sont représentés parBrenat, Brenet, Brénil, Breuil. Les termes de Mouille- Forêt et la riche collection des Voëvre (Vaivre, Vesvre, Yeswre. Voevre, Vouevre) marquent, au milieu de territoires voués maintenant à 1 agriculture, l'existence passée d anciennes contrées humides et boisées. L'exploitation de la forêt se retrouve dans les formes telles que : Bûche rotte, Bouchot. Feuillée, les Ichards, les Ventes. Les nombreuses essences ont abondamment fourni à la toponymie. Les arbustes ont donné : l'Airelle, Buissière, Buissotte. Bussy, les Bruyères, les Fourches3, les Genêts, Genièvre, le Pouriau. Les grands arbres se reconnaissent dans les vocables tels que : Châtaigneraies, Châtaigniers, Chêne, Chêne- Bouton, Chêne-Cougnard, Chêne-Rocroy, la Grande-Chêne, Fayard, Fage, laFaye, Fou, le Fou (qui désignent le hêtre), Fragne, Fragniel, Fragnot, Fragny. les Mouilles-de-Frêne, les Sapins, Précysous-Thil. Thil-sur-Arroux, Vic-sous-Thil, le Tillot. Les aulnes (en patois veines) ont donné Vernage, Vernai, Vernais, Verne, Vernée, Vernes, Vernoi, Vernois, Vernoy, qui dénomment les sols marécageux, résultat des innombrables petites sources du Morvan. Enfin, plus qu'ailleurs en Gaule, la forêt a imposé son nom à de nombreuses familles4. Les noms tels que desEssarts, de la Forêt, de 1 Echenault, du Verne, sont fréquents sur le massif ancien. La particule était jointe ou séparée du nom propre, abstraction faite de toute idée nobiliaire.
i. Jullian : i64; I, p. 91 et 535 et II, p. 536 et 537.