‹ Le Morvan; étude de géographie humaineChapitre 81 sur 232 · Jullian : i04, I, p · texte numérisé non relu

Jullian : i04, I, p

La forci s'étendait largement dans les clairières marquées aujourd'hui sur les caries. Au ixe siècle, le moine Eric écrit dans la vie de sainl Germain d'Auxerre, que les 1 >< >i- couvraient tout le Morvan. Jusqu'au xie siècle ils constituaient encore an fourré impénétrable. Les défrichements furent l'œuvre des abbayes. Les premiers fuient exécutés du côté de Saint-Léger-de-Fourche et de Saint-Aignan. La mise en valeur des Icnc- bordières et surtout les droits d'usage et de pacage qu'exerçaient largemenl les riverains moyennant une redevance de cinq sous par l'eu, firent rapidement reculer la limite des forêts. Au contact des marges, la destruction fut considérable. Au xir° siècle, la foret de Montreuillon s'étendait par-dessus la commune de Cervon. jusqu'au delà de Lormes. Les bois de Patuet, à l'Est de Menessaire, coin raient tout le pays jusqu'à la rivière de Blanot. Le Brénil ne représente plus que le dixième de son étendue d'alors. La Forêt au Duc ne compte plus que 1235 hectares; elle était délimitée par les hameaux bordiers de Quarré-les-Tombes, Champlois. Montez, la Fouletière. la Gorge. Villiers, Vêlais. Menemois. Montgoudier, Bousson, Iles Menéfrier, Crot-de-Fou. Bornons, soil une étendue environ trois Ibis plus grande1. Dès le milieu du xm" siècle, laforêl de Saint-Germain siluée au voisinage de Brazey-en- Morvan, offrail de larges clairières puisqu'en 1261, on signale au centre un hameau nommé Tanoise et une chapelle dédiée à saint Germain2. Par la suite, elle disparut complètement. Les forêts de Chalillon. de la Gravelle, résistèrent mieux. Sur la Zone bordière du Lias et plus tard au xvin* siècle, dans le Sud-Ouest, les déboisements furent causés parla recherche des étais de mines et des tuteurs de ceps.. Mais, plus généralement, au \\i' el au xvne siècles, les bois furent saccagés par des coupes à blanc: les vides n'étaient pas replantés. Vauban écrivait en 1696: « Il \ a 60 ou 70 ans que la moitié ou les deux tiers du bois étaient en futaie : présentement, il n'y a plus que du bois taillis... Il n'ya plus de futaies présentement : et c'est une chose assez étrange, que dans l'étendue de cinquante-quatre paroisses où il y a plus de .'J> 7 000 arpents de bois, il ne s'en soil trouvé que huit en futaie. •> ( îela \ ient de la négligence des officiers des forêts qui coupent et laissent loul couper.

Au début du \\m' siècle, un officier des forêts en inspection dans le pays de Moulin s-Engilbert et sur le territoire de La Roche-

1 Baudiau: /p4, I, p. i48et a3i, et II, p. 'h ol \nli. Ivallon : B. n5.

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