CHŒUR D'ENSEMBLE
AIR : Pour L'honneur de la France.
Quelle visite aimable ! Dieu ! quel visage aimable
Nous sommes glorieux Se présente à mes yeux!
Qu'un destin favorable Un destin favorable
Vous conduise en ces lieux ! M'a conduit en ces lieux!
GERMONT
C'est un beau jour pour mon humble château que le jour où il reçoit dans ses murs un homme qui... un homme que... un homme enfin comme monsieur... monsieur...
(Il cherche le nom.)
FLORVILLE
Florville.
GERMONT, riant.
Très joli ! très joli ! M. Florville.
FLORVILLE, étonné.
Qu'ont-ils donc tous.^ Ils me regardent comme une bête curieuse.
VAUDEVILLE. 30J MADAME MELCOURT, bas à Emmeline.
Voilà votre affaire, ma chère enfant. Il faut qu'avant deux heures, M. Gustave soit jaloux, à en perdre latête^ de ce nouveau venu.
EMMELINE
C'est qu'il ne me fait pas l'effet d'être très jeune, le • nouveau venu.
MADAME MELCOURT.
génie n'a pas d'àge^
EMMELINE
Il paraît qu'il n'a pas non plus beaucoup de figure.
MADAME MELCOURT.
Laissez-moi faire ; vous vous en trouverez bien. GERMONT, continuant une conversation avec Florville.
Oui, monsieur, ce domaine m'a coûté d'achat cent cinquante mille écus net ; j'y ai dépensé cent mille francs de réparations et d'embellissements : depuis lors les propriétés ont doublé de valeur ; je vous laisserais néanmoins la mienne à quatre cent mille francs, parce que c'est vous.
FLORVILLE, comme entrant dans la plaisanterie.
Quatre cent mille francs! VOUS êtes bien bon! c'est pour rien !
GERMONT, à part.
Voilà bien ces artistes ! je lui aurais demandé cinq
cent mille francs, il les eût donnés sans compter. Je suis fâché de ne pas l'avoir fait.
FLORVILLE
Je vous avouerai que, pour le moment, je n'ai pas quatre cent mille francs sur moi ; vous savez qu'on n'est pas toujours en argent comptant.
GERMONT
Qu'à cela ne tienne ! nous vous donnerons du temps ! Nous nous entendrons toujours!
FLORVILLE
Eh bien ! ça ne fera pas de mal, parce que, jusqu'à présent..»
GUSTAVE
Mon oncle fera tout pour être agréable à un grand homme.
FLORVILLE, à part. Un grand homme! l'oncle et le neveu m'ont l'air d'être un peu fous ; lïiais c'est une folie douce.
GERMONT
Et vous goûterez mon vin ! J'ai une cave... une cave!.. Vous m'en direz des nouvelles. Personne ne s'en occupe que moi... Permettez-moi d'y aller faire un tour avant le déjeuner. Viens avec moi, Gustave !
(Ils sortent.)
VAUDEyiLLE.