DUVERNET ET GEORGES
Anatole Dercy. . . dites-vous ?
CLORiNDE, qui s'est placée entre Georges et son père ^ leur prend vwement la main et leur dit à voix basse :
Il y allait de son honneur..,. Je l'ai remplacé — Silence ! . . .
LE GÉKÉRAL , Cl Clorinde.
Approchez.., approchez, mon ami! 11 ne faut pas être timide , quand on est aussi brave...
CLORINDE , s' avançant , la main au schakos et d'un air décidé.
Oh ! soyez tranquille, mon général... Je ne suis pas timide.., au contraire.
( Pendant les phrases précédentes , Nivelle et Landriau ont causé ensemble à i^oix basse. )
KiVELLE , à Laiidriau , à demi-voix.
Dis donc, Landriau, t'as raison, ça doit être un espion...
Les Français sont vainqueurs^ je ne risque rien d en parler
au général.
LAN DRiAu , de même à Nivelle.
Le v'ià!.. C'est un bon enfant... Avance,., et puis, chez eux tous les hommes sont égaux devant la loi... Ote ton bonnet... (// lui enlève son bonnet. Nivelle s'avance niaisement et salue le lieutenant-général, )
LE GÉNÉRAL
Que me veux-tu , mon ami !
NIVELLE, mystcrieusciiien/.
Pardon , mon jjéncral , cest un secret... \ oilà. ..
Air : De r^értlstr. Sachez qu'un militaire Au moulin vient d'monter; Comme il m"a dit d' me taire, J' viens tout vous raconter.
Ct' homm'-là, j"ai cru V comprendre, Nous vient du camp ennemi.
Si quelqu'un doit s' fair' pendre , J'aime autant qu^ ça soit lui.
LVjJDTiiAu, à part.
A-l-il une drôle d'opinion ce meunier là.
LE GÉ>ÉRAL, à part.
Peut-être s'agit-il d'une trahison. (Haut.) Va me chercher cet homme. (Nivelle sort,)
LE GÉNÉRAL, aux officicrs.
Veuille!, messieurs, vous retirer un moment à l'écart... Nous nous rendrons bientôt ensemble au quarlier-gcnéral. (Les officiers et Laudriau sortent. Deux aides-de-camp restent aujond.) NIVELLE , rentrant et poussant le comte sur l'escalier. Vous ne voulez parler à personne... Moi, je vous dis que le général vous demande.
DEscAiu iLLE , has à Nivelle.
Maladroit !
LE GÉNÉRAL , à Nivelle.
Retirez-vous, mbon ami.
DEscARviLLE, à part .
]Lc manant m'a compromis...
{Nivelle sort.)