CHAPITRE I
CTIOIX DES ANIMAUX REPRODUOTEURS.
Plus est grand le degré de perfection atteint par une race, plus on doit veiller activement à éloigner les causes nombreuses qui tendent sans cesse à la faire redescendre dans l'état de nature. Entre toutes ces Causes, la reproduction libre, abandonnée au seul instinct des animaux, suffirait pour détruire en peu de temps nos travaux de plusieurs années. Les bêtes à laine n'ayant acquis les qualités qui nous les rendent précieuses que par les soins de l’homme, ne les conservant que grâce à une surveillance continue, ne peuvent non plus Îles perpétuer et les transmettre à leur progéniture que par l’intervention directe de l’éleveu:. Par exemple un propriétaire de cotswold doit se regarder comme obligé de surveiller lui-même attentivement la reproduction de son troupeau, sous peine do le voir dégénérer avec rapidité et retomber promptement au rang des troupeaux communs. Chaque animal mâle ou femelle sera Soumis à un examen scrupuleux et ne devra être admis à l’accouplement que s’il réunit les conditions d'âge, de santé, de conformation et de lainage jugées nécessaires.
En livrant à un âge précoce ou trop avancé les brebis et leg béliers à la reproduction, on nuit à la fois au reproducteur, à la brebis et à ses petits : au bélicr et à 12 brebis, en usant leurs forces et en abrégeant leur vie; aux petits, en ce que les forces de la mère n'étant pas suffisamment développées ou se trouvant épuisées par la vieillesse, ils ne reçoivent point d'elle une nourriture suffisante avant ou après leur naissance, et restent chétifs tout le temps de leur existence. A dix-huit mois, la brebis qui a toujours été bien nourrie est capable de concevoir un agneau vigoureux et de l'allaiter suffisamment au moment de sa naissance,
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Pour ce qui est du bélier on fora bien d'attendre qu'il ait pris son développement avant de l’employer: un an et demi jusqu’à six ans et demi paraissent l’âge le plus convenable pour le livrer à la reproduction de la manière la plus profitable.
La santé nécessaire chez tous les animaux domestiques destinés à la propagation de leur espèce doit être plus rigoureusement examinée quand il s’agit de bêtes aussi délicates que les moutons. Le bélier en bonne santé marche la tête haute, mange avec appétit, a l'œil vif et montre de l’ardeur quand les brebis sont en rut. Le bélier et la brebis devront réunir tous les traits carastéristiques d’une aptitude certaine à la repro‘uction : de gros testicules pour le mâle; un vaste bassin pour la femelle, une poitrine large et des reins solides, etc. On ne se contentera point d'étudier toutes les parties de la toison d’un bélier pour s'assurer que sa laine est lustrée douce et égale ; mais on exigera en outre que l’ensemble de la toison soit satisfaisant sous le rapport du tassé et de la longueur, d’où résulte la quantité.
La taille de l'animal est aussi à considérer, d'abord quant à la toison dont le poids augmente avec les dimensions de l’animal; ensuite quant à la valeur du corps en lui même qu’il ne faut pas dédaigner, Le bélier, à ce que l’on croit, influe plus spécialement sur la toison de l'agneau, tandis que l'influence de la brebis se fait sentir davantage sur les formes du corps, sur la taille, sur la disposition à la graisse, Ce sera ::unc de ce côté que l’on repoussera plus sévèrement les défauts de construction, de force, de grandeur, dont la transmission pourrait dégrader le troupeau et diminuer sa valeur. De deux brebis égales quant aux qualités de la laine, la plus fortement construite sera préférée pour la monte.
Faire saillir les brebis dans Je même mois, voilà la première règle de la monte. Pour que l'exécution en soit possible il faut tenir les béliers séparés des brebis. Dans un climat comme le nôtre, il est plus avantageux généralement d’avoir les agneaux en mai parce que cette époque réunit toutes les conditions d’une supériorité économique incontestable sur celle de l'hiver. Pour cela il faudra mettre le bélier avec les brebis dans le mois de décembre. Par ce moyen on épargnera . beaucoup sur la nourriture pendant l'hiver, la perte des agneaux sera moins considérable et la toison augmentera en
oids.
. Les éleveurs judicieux recommandent de donner aux béliers non seulement pendant le temps de la monte, mais plusieurs semaines auparavant, une nourriture substantielle qui donne du ton à tous les organes sans charger l'estomac. De l’avoine,
des pois, de l'orge cassée sont éminemment propres au but que l'on se propose. Ilne faut pas que l'animal devienne gras, s'alourdisse, mais il doit être maintenu en bonne chair, afin de n'être point trop promptement épuisé par l'œuvre de la saillie. Quant aux moyens employés pour exciter l'ardeur des mâles et des femelles, on doit les proscrire. L'usage du sel peut être conseillé, non pas comme excitant, mais comme moyen de prévenir les pertes d’appétit que l'épuisement des béliers pourrait faire redouter. Ainsi préparés, les béliers peuvent être livrés à la reproduction alternativement. Ce mode est le plus convenable.