‹ Le mouvement coopératif en AngleterreChapitre 3 sur 5 · francs · texte numérisé non relu

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Le Conseil d’administration dut limiter ses approvisionnements, retirer tous les capitaux placés sous forme d’actions ou d’obligations dans d’autres associations coopératives; c’était une perte sèche de revenus, mais il fallait satisfaire aux engagements. Il convient de noter que les autres sociétés coopératives prêtèrent tout le concours possible.

Aujourd’hui les coopérateurs du district de Cramlington se sont remis de cette terrible secousse et ont consacré à l’érection de magasins en rapport avec le développement des affaires sociales, une somme d’environ 137,000 francs. Le nombre des sociétaires tombé de 2,1 11, en 1876, à 1,052, en 1879, s’était relevé à 1,440 en 1881, avec un capital de £. 13,924, soit une moyenne de 240 francs par sociétaire. Comme dans les crises antérieures, les administrateurs avaient su relever la fortune de la société, compromise par des placements dont la gestion leur échappait.

Si, d’après les trois exemples cités, les Pioniers de Rochdale, la Société industrielle de Leeds, la Société du district de Cramlington, on considère la nature des obstacles qui ralentissent les premiers pas des sociétés coopératives, on remarque d’abord une certaine défiance des intéressés, souvent motivée par l’inexpérience des promoteurs, parfois accrue par le mauvais vouloir des adversaires naturels de la coopération; puis la difficulté des approvisionnements pour les sociétés de consommation et l’absence de débouchés avantageux pour les associations de production. Le temps et l’éducation, l’expérience acquise triomphent peu à peu des anciens préjugés, que battent en brèche de nombreuses publications spéciales, périodiques ou autres.

Les relations commerciales des sociétés de consommation et de production sont, en outre, facilitées aujourd’hui par l’organisation de deux grandes agences coopératives établies en Angleterre et en Écosse.

La conception d’une société centrale qui, subventionnée par les diverses sociétés locales, fût à même de leur procurer les denrées de bonne qualité aux plus bas prix du commerce en gros, était rationnelle. Toutefois, l’idée émise trop tôt donna lieu à deux essais infructueux; le premier fut tenté, en 1850, par les chrétiens socialistes de Londres; le second, vers 1853, parles Pioniers de Rochdale. L’un des partisans les plus convaincus de la deuxième tentative, M. Greenwood,

attendit dix ans pour reprendre F exécution de l’entreprise, dont il pressentait les avantages. En 1863, M. Greenwood fit le relevé de la consommation sur laquelle il était possible de compter avec les quarante mille associés des cent vingt magasins de consommation établis dans les trois comtés limithrophes de Lancastre, d’York et de Chester. D’après le recensement, la somme des achats hebdomadaires devait s’élever, à raison d’une dépense minima de 10 shillings par tète, au total de £. 20,000, soit par, année, plus d’un million de livres (environ vingt-six millions de francs). Une société se forma à Manchester, en 1864, sous le titre de North of England Cooperative Wholesale Indastrial and Provident Society limited, et cette troisième tentative fut couronnée d’un plein succès.

Pour participer aux avantages de la Société de gros, chaque société de consommation souscrit un nombre d’actions proportionnel à celui de ses membres, une action pour dix sociétaires. Ces parts sont de cinq livres (126 francs) mais il n’est versé qu’un shilling (1 fr. 25) en souscrivant. Le reste, soit quatre livres et dix-neuf shillings, est successivement prélevé sur les dividendes résultant des achats effectués à la Société de gros et sur les intérêts à 5 pour 100 des retenues ci-dessus, au fur et à mesure de la capitalisation de ces retenues. Les parts souscrites ne sont pas remboursables, mais les statuts de la Société de gros donnent au Conseil d’administration le pouvoir d’en autoriser le transfert d’une société à une autre et de payer aux cédants les dividendes laissés en dépôt.

Il s’elt fondé en Écosse (1869) une agence coopérative tout à fait comparable à la Société de gros du nord de l’Angleterre. Les parts de la Société écossaise ne sont que de dix shillings, mais tous les membres des sociétés affdiées doivent souscrire une action ; un shillingest versé au moment de l’admission, les neuf shillings complémentaires sont fournis par l’accumulation des dividendes.

On trouvera dans les tableaux ci-après des statistiques indiquant le développement des Sociétés coopératives de gros , le chiffre des dépenses et des bénéfices, les dividendes distribués depuis la fondation.

Situation de la « Cooperative Wholesale S y » ( Société de commerce de gros ) dont le siège principal est à Manchester .

Situation de la « Cooperative Wholesale Su » d'Ecosse.

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