Crédit Anstalt fur Industrie und Handei
C'est la même politique qu'ont suivie sur une échelle plus ou moins grande, les banques allemandes vis-à-vis des dilïérentcs industries : TA. Schaaniiausens'cher et la Dresdner Bank s'intéressant plus particuli^rement aux houillères et à l'industrie métallurgique; la Deutsche Bank aux industries électriques ; la Disconto aux entreprises de transport.
Cette union s'est affirmée en ces derniers temps d'une
façon plus précise ; par des échanges d'administrateurs, les industriels devenus gros actionnaires des banques, sont entrés au conseil des grands établissements et ceux-ci ont délégué de leurs membres au conseil des entreprises qu'elles commanditent :
Nous trouvons ainsi (1904) :
Dans le conseil de la Darmsladter Bank 4 industriels
— Berliner Handelsgesellschaft . . 12 —
— Deutsche Bank 4 —
— Discontogesellschaft 5 —
— Dresdner Bank 5 —
Celles-ci ont, d'autre part, des administrateurs délégués dans les différentes entreprises suivantes :
Mines
et
Fabriques
de
Industries
Industries
houillères
machines
chimiques
électriques
Deutsche Bank . .
Dresdner ....
Darmstiidter. . .
Disconto ....
Berliner Handelsg .
A. Schaaflfh. Bkv. .
On comprend mieux maintenant ce que voulait dire le banquier allemand en parlant de la théorie de vases comtnwiiquants et comment l'action du mouvement de concentration qui se manifeste dans l'industrie et le commerce a pu, en Allemagne, influer plus fortement sur le mouvement de concentration dans la banque. La réciproque paraît également vraie d'ailleurs ; nous ne donnerons pas ici un tableau des progrès de la concentration industrielle et commerciale ; nous tenons le fait pour acquis. Voici simplement quelques chiffres propres à fixer les idées, que nous empruntons au précieux livre de M. Bourguin et qui éta-
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blisseiit qu'un mouvenicnt de conconlrution oxtivinemcnt rapide s'est l'ait sentir en Allemagne, principalement dans les industries textiles, chimiques, les mines, la construction des machines, la minoterie, le travail des métaux et l'industrie du bâtiment (1) :
Industrie. — Xombre des exploitations en 1882 et 1895.
Cat'gories
1882 1895 Augmentât. ou diminut.
proport. proport, proporiionn.
Nombre 0/0 Nombre 0/0 en 18'J5
Pelilesexploitations
(1 à i> personnes)
Alle'nbetriebe (sans
inoleur). . . . 1.430. 405 » 1.237.349 » »
(leluilf en betriebe (avec moteur"). 745.392 9o.8 752.223 92.6 — 8.6
Total. . . . 2.175.857 1.989.572
Moyennes expIoiUilions (6 à 50 personnes) 85.001 3.8 139.459 6.5 + 64.1
Grandes exploitalions (-|- de 50
personnes). . . . 9.481 0.4 17.941 0.0 + 89.3
Commerce et transports. — Xombre des exploitations en 1882 e/ 1893.
Augmentât, ou dimiout.
Calcgories
Pelilesexploitations
Nombre
pro|iort.
.Nombre
proport.
proporiionn.
en 18JÔ
Alleinbelriebe. . .
Gebiilfenbelriebe .
Total. . . .
Moyeiu^es exploita-
tions
Grandes exploita-
tions
(1) Hourguiii, |j. 135. Annexes, p. 301 et suiv. — V. p. 10(3.
11 faut enfin signaler l'influence liés évidente qu'a exercée sur la concentration dans la banque la formation, en ces dernières années, des nombreux cartells allemands, influence que le rapport général de la Dresdner Bank de 1902 nous fait pour ainsi dire toucber du doigt : « Notre attention, dit ce rapport, était depuis longtemps dirigée vers l'extension de notre sphère d'intérêts dans le grand district industriel du Rhin et de Westphalie dont l'importance pour l'ensemble de la vie économique allemande va encore grandir par les groupements exislants el les groupements en formation... » En 1897, on comptait en Allemagne 230 à 250 cartels, 300 en 1902. L'influence en particulier du Rheinisch Westfâlisches Syndicat sur la concentration de la Banque, n'est point niable : c'est sa formation qui décida la Deutsche Bank à s'assurer une ferme participation dans la Bergisch Mârkische Bank et le Schlesisch(»r Bankverein (1). La constitution du West falischer Kokssyndicat, du Rheinisch Westfâlisches Roheisensyndicat n'a pas peu contribué également à l'extension des grands instituts berlinois dans cette région industrielle (2).
La conclusion se tire d'elle-même: le développement de ces difTérentes industries, le mouvement de concentration qui s'y révèle ont nécessité des capitaux et un crédit sans cesse croissants eux aussi ; les banques directement intéressées à ces différentes entreprises et comptant leurs principaux chefs au nombre de leurs conseillers ont dû suivre le même exemple et progresser d'une façon parallèle, — • et, soit par des augmentations de capital propre,
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soit par des alliances et clos contrats, trouver le moyen de faire face à ces nouveaux besoins. La concentration dans la banque a, parle fait même de ces rapports directs et étroits qui lient en Allemagne, l'industrie et le commerce à la banque, reçu une impulsion nouvelle, et la vitesse de son cours s'est trouvée singulièrement accrue.