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CHAPITRE PREMIER

LES BANQUES ALLEMANDES DE 1850 A 1904. —LE MOU- VEMENT DE CONCENTRATION ; TABLEAU GÉNÉRAL ; RÉSULTATS D ENSEMBLE.

Nos grandes banques, écrit un économiste allemand, ne peuvent nullement protendre à une antiquité respectable. Toutes sont une création de la seconde moitié du XIX* siècle (1).

Jusque vers 1850, nous ne trouvons en effet, en Prusse, à côté de la Preussische Bank, que quelques banques particulières d'émission, — dans les Etats secondaires, un certain nombre de banques privées qui réunissent les opérations les plus diverses et répondent amplement aux besoins de l'industrie et du commerce à peine naissants.

A cette date, l'économie de l'Allemagne est encore presque exclusivement agricole : les guerres de l'Empire, l'émiettement du territoire en petits Etats aux innombrables réglementations, systèmes de douanes et d'impôts, ont retardé d'un demi-siècle le développement industriel et commercial du pays.

Vers 1850, les conditions économiques de l'Allemagne

(1) Fleischhammer, Ctntrulisution in Bankwesen in Deutschland SdmoUera Jahrb., 1901, l. XXV.

subissent des modifications profondes. A mesure que s'accroît la population, à mesure que s'accomplit l'évolution vers la grande industrie (1), le besoin d'unité s'affirme avec pins de force, les barrières deviennent plus gênantes; la croissante unification douanière qui aboutit en 1851 au Zoll.werein est l'expression de ce besoin. C'est vers cette époque que se fondent les premières banques par actions: à Cologne, l'A. Schaaffhausens'cher Bankverein en 1848; à Berlin, la Discontogesellschaft en 1851, conçues toutes deux sur le modèle du Crédit Mobilier des Pereire ; un peu plus tard, la Bank fur Handel und Industrie à Darmstadt (18S3), à Berlin, la Mitteldeutsche Crédit Bank, la Berliner Handelsgesellschaft (1856) (2).

Le but que vont se proposer ces banques nouvelles est aussi général que possible : Betrieb von Bankgeschàften aller Art. Elles voient très clairement et dès le début, à quels besoins elles vont avoir à répondre et que leur place est à la tête du mouvement industriel et commercial qui déjà se dessine vigoureusement. Voici comment s'exprime le premier rapport de la Darmstâdter Bank:

(( La Banque n'a nullement pour mission d'aider à l'agiotage et d'engager son capital dans des spéculations improductives. Tout au contraire, elle est appelée, au moyen de ses ressources personnelles et par la mise en valeur des fonds qui lui sont confiés, à créer de grandes et solides entreprises, à favoriser de toutes ses forces le développement de l'industrie allemande et à aider l'esprit d'entre-

(1) De 4826 à 1850 on ne compte que 102 fondations de sociétés par actions avec un capital global d'environ 638 millions de marks. De 4851 à 1870, 295 fondations avec un capital de 2.404 millions de marks. (W. Sombart, Das. moderne Kapitalismus, II, p. 16).

(2) V.Model-Loeb, Die Grossen Berliner Effektbanken, p. 3; Poschinger, Bankwesen und Bankpolitik in Preussen, II, p. 214.

prise et les capitaux à trouver, suivant les nécessités du moment, le droit chemin. Elle doit, tant à l'intérieur du pays qu'à l'étranger, favoriser l'exportation des produits allemands et faciliter les relations de l'industrie nationale avec le marché financier. Elle a le droit et le devoir de fournir les capitaux disponibles à ceux qui, dans d'autres branches de l'industrie, peuvent en avoir besoin et par ces fréquents échanges vivifier et fortifier l'activité industrielle. Elle est aussi autorisée à participer aux grandes entreprises industrielles, aux fondations de Sociétés, aux emprunts d'Etats, à faire rentrer dans son domaine le placement des fonds étrangers. En un mot, point de limite à son activité. »

C'est bien une nouvelle phase qui va s'ouvrir pour l'économie allemande. C'est aussi le premier coup porté à la prépondérance des vieilles places comme Hambourg et Francfort « que d'anciennes maisons, à qui un crédit hors de pair donnait une situation de premier ordre, faisaient participer à l'ensemble des opérations d'arbitrage qui formaient alors un des objets essentiels de l'activité des banquiers » (1).

Ce n'est pourtant point de cette époque que date le véritable essor des banques allemandes. Au commencement de 1870, on ne comptait encore en Allemagne, en dehors des banques d'émission, que H banques par actions, dont 4 à Berlin. Leur capital versé était de 32.110.000 thalers : celui des 29 banques d'émission de 81 .300.000 thalers (2).

La fondation des banques par actions, comme celle des sociétés par actions, restait encore subordonnée à l'autorisation gouvernementale et leur fonctionnement était

(1) R.-G. Lévy, Les marchés financiers de l'Allemapne, Bévue des Deux-Mondes, 15 novembre 1897.

(2) Max Wirth, Handbuch des Bankwesens.

soumis à une surveillance étroite. La méfiance des Etats, qui craignaient, soit la concurrence que ces banques nouvelles allaient faire aux banques d'émission sur le terrain des opérations courantes, soit leur peu de solidité, faisait que cette autorisation était le plus souvent refusée.

Les fondateurs repoussés de Berlin, de Munich et des autres grandes villes, ou bien cherchaient à tourner la loi, — en Prusse par exemple, par la fondation de sociétés en commandite par actions qui n'étaient pas soumises à proprement parler à l'autorisation préalable, — ou bien s'adressaient aux petits Etats, d'oii la fondation de banques provinciales (Schlesischer Bankverein(i856), Allgemeine Deutsche Crédit Anstalt (1856),Hannoversche Bank (1857), Ostbank fur Handel und Gewerbe (1857)...) que les grandes banques trouveront plus tard solidement établies et étendantsur toutes ces régions un réseau serré de succursales. C'est ainsi que la Bank fur Handel und Industrie se vit refuser par le Sénat l'autorisation de s'établir à Francfort ; elle s'installa à Darmstadt à trois quarts d'heure de là. La Discontogesellschaft fut fondée sous la forme d'une société en commandite par actions (1).

Cette législation restrictive constituait un grave obstacle au développement des banques allemandes. La loi du 11 juin 1870 leva ces difficultés : elle étendit le droit commercial à toutes les sociétés, supprima l'autorisation et le droit de surveillance gouvernementales qu'elle remplaça par une série de dispositions légales : publicité plus rigoureuse, responsabilité plus grande des directeurs et administrateurs, etc..

Cette législation plus libérale fut le signal de la création d'un nombre considérable de sociétés par actions ; les

(1) Voir Adolph Weber, Depositen und Spekulationsbanken, p. 48.

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banques qui nous intéressent particulièrement, se multiplient: la Deutsche Bank (1\ la Rheinische Crédit Bank, la Breslauer Discontobank sont fondées dès 1870 : puis viennent la Bergisch-Mârkische Bank en 1871, la Dresdner Bank, l'Essener Crédit Anstalt en 1872. la Mittelrheinische Crédit Bank en 1873, pour ne citer que les plus importantes. En 1876, on comptait déjà dans les 62 villes de l'Empire oii la Reichsbank avait un établissement 97 banques par actions et 33 succursales de banques.

Aussi bien cette année 1870 marque-t-elle une étape décisive dans Ihistoire de l'Allemagne. La guerre franco-allemande et la proclamation de l'Empire en 1871 réalisent l'unité politique et surtout l'unité administrative et économique qui, seules, vont rendre possible ce prodigieux essor de l'industrie et du commerce allemands <( qui restera l'un des traits saillants de la fin du xix® siècle » (2). La complète liberté de circulation assurée à chacun, le commencement de législation commune sur bien des points, l'unité, presque réalisée pratiquement, de l'émission fiduciaire (3), la quasi-unité postale (4), surtout l'unité moné-

(1) La fondation de la Deutsche Bank était déjà commencée sous l'ancienne législation.

(2) G. Blondel, L'essor industriel et commercial du peuple allemand f p. 35.

(3) Sur 34 banques d'émission existant au moment de la promulgation de la loi du 14 mars 1875 créant la Reichsbank, 17 seulement acceptèrent les nouvelles conditions qui leur étaient offertes. Une série de mesures suppression des petites coupures, interdiction aux No-' tenprivat banken de faire des opérations en dehors de leur circonscription, obligation pour elles d'avoir un bureau de remboursement à Francfort ou à Berlin, etc..) assurent la prépondérance de la Reichsbank et préparent l'unité. Aujourd'hui il ne reste plus en Allemagne que 6 banques d'émission.

(4) La constitution de l'Empire allemand (VI, art. 48-51) créa une

taire (1), tels furent les premiers résultats de la centralisation politique qui provoquèrent aussitôt l'éveil de l'activité et la mise en œuvre des forces productives du pays tout entier. Le nouvel Empire se couvre de manufactures, d'usines, de fabriques de toutes sortes. Quant aux banques, elles furent, a-t-on dit, les promoteurs et les bénéficiaires du nouvel élat de choses : ce furent elles qui avancèrent les sommes nécessaires à la transformation et à la construction des usines (2). L'ensemble des opérations de la Discontogesellschaft qui atteignait fin 1869 un total de 2.658 millions de marks, saute en 1871 à 4.04i, en 1872 à 7.179 millions de marks ;àla Berliner Bandelsgesellschaft de 761 à 1.333 millions de marks. La toute jeune Deutsche Bank augmente son capital de 17 millions de marks en 1872, de 14 millions en 1873 et le total de ses opérations passe de 948 à 2.891 millions de marks en ces deux seules années.

La crise de 1873 survint qui fit disparaître un certain nombre de banques, — « celles-là qu'avait créées un en-

administralioa postale unique pour toute l'Allemagne, sauf la Bavière et le Wurtemberg qui ont conservé leur autonomie postale et télégraphique. La fusion des postes et télégraphes fut terminée le l^' janvier

(1) « En 1871, il n'existait pas moins de 66 coupures différentes de monnaies d'argent et 17 coupures de monnaies d'or. L'un des premiers soins du gouvernement impérial fut d'user des pouvoirs que la constitution lui avait donnés en classant parmi les matières fédérales la législation et la haute surveillance du système des monnaies, pour réaliser enfin l'unité monétaire de l'Allemagne. La réforme fut opérée par deux lois : la première date du 4 décembre 1871, relative à la fabrication des monnaies d'or impériales ; la seconde du 9 juillet 1873, relative aux monnaies d'argent et à la question de l'étalon. » Arnauné, La monnaie, le crédit et le change, p. 258.

(2) r31ondel, op. cit., p. 482.

thousiasme débordant » [(1) et qui ne servaient qu'à l'agiotage et à laspéculation. Celles qui répondaient à un véritable besoin économique non seulement supportèrent eourageusement la crise, mais, comme la Deutsche Bank et la Dresdner liank par exemple, en sortirent fortifiées etagrandies : on peut déjà entrevoir la formation de cette sorte d'oligarchie de banques qui va de plus s'emparer du marché, dont la force et l'importance s'accroissent sans cesse et qui finalement va concentrer ses opérations dans la capitale de l'Empire.

De tous les Etats qui composaient le nouvel Empire, la Prusse, qui venait de réaliser l'unité politique comme elle avait jadis réalisé l'unité douanière, allait s'assurer à côté de l'hégémonie militaire, le premier rang au point de vue économique. Le développement de la capitaleeutlà comme ailleurs son effet inévitable. Berlin, dont la population passe de 547.570 habitants en 18G1 à 824.580 en 1871 , à 1,112.504 en 1880, capitale politique et administrative, siège de la Reichsbank, devient le grand marché économique et financier de l'Allemagne : la centralisation des grandes affaires y suit la centralisation gouvernementale. Francfort perd définitivement son antique prépondérance ; en 1875, on compte à Berlin 241 banques ou banquiers privés, 125 seulement à Francfort, 50 à Hambourg.

Les banques, qui, nous l'avons vu, eurent d'abord pour point d'attache les grandes villes de la Confédération, durent naturellement chercher à prendre pied dans la nouvelle capitale et bienlùt, comme l'agence du Crédit Lyonnais à Paris, leur filiale à Berlin devint le siège et le centre principaux de leurs opérations ; tel est le cas pour

(1) 0. Varschauer, Physiologie der deutschen Banken, p. 46.

la Bank fur Handel und Industrie qui vient s'établir à Berlin dès 1871, la Mitteldeutschc Crédit Bank (1873), la Dresdner Bank (1881), l'A. Schaafîliausens'cher Bankverein (1891) et enfin laCommerz und Disconto Bank (1898).

En 1885 le Deutsche OEkonomist comptait 71 banques de crédit représentant un capital de 723,95 millions de marks : le capital des banques berlinoises seules, représentait 326,74 millions de marks.

En 1890, on comptait 92 banques : 15 à Berlin avec 507,45 millions de marks de capital, 76 en province avec un capital de 546,88 millions de marks.

C'est à partir de cette date que commence le mouvement de concentration dans les banques allemandes et depuis ses progrès ont été singulièrement rapides et continus,

Les anciennes grandes banques provinciales devenues, au même titre que la Deutsche Bank, la Discontogesellschaft, la Berliner Ilandelsgesellscliaft, les grands Instituts berlinois, voulurent, animées du sentiment de leur puissance, désireuses d'étendre le champ de leur activité et le cercle de leurs opérations, poussées aussi par une concurrence plus vive, recommencer le chemin parcouru, mais cette fois en sens inverse, et de Berlin rayonner sur toute la province, en drainer l'épargne, pomper les capitaux flottants : la centralisation avait préparé les voies à la concentration.

Mais le particularisme provincial restait vivace. Aujourd'hui même encore, quoique déchues, Francfort et Hambourg ont une autre importance et une autre physionomie que les places de Lyon ou de Marseille. Les grands établissements berlinois allaient trouver dans les banques locales de solides concurrentes et de rudes adversaires ; d'oii le caractère particulièrement original que va prendre cette

lutte qui se terminera d'ailleurs par le triomphe incontestable des grandes banques, grâce à riniluence de causes particulières, économiques, législatives et financières que nous aurons à examiner. Pour le moment, nous nous bornons à donner le résultat d'ensemble auquel a déjà abouti le mouvement de concentration.

Pour atteindre le but qu'elles s'étaient propose, les grandes banques allemandes durent, tout d'abord, s'occuper de renforcer leurs moyens d'action, c'est-à-dire augmenter leur propre capital : le tableau suivant montre les principales augmentations de capital des banques berlinoises depuis leur fondation :

Capilal-actioDS en millions de marks.

Date Capital juillet

de de

fondation fondalion 1896 1900 1905

A.Schaaffhausens'cher Bankverein. 1848 lb,6 60 100 125

Discontogesellschaft 1851 30 lia 130 170

Darmsiadler Bank 1853 17,1 80 105 154

Berliner Handelsgesellschaft . . . 1856 45 80 90 100

Milteldeutsche Creditbank .... 1856 24 30 45 45

Deutsche Rank (1) 1870 15 100 150 180

Commerz und Discontobank . . . 1870 30 30 50 85

Dresdner Bank 1872 9,6 85 130 160

National Bank 1881 20 4b 60 80

Berliner Bank 1889 5 20 42 »

Total 211,3 Oio 902 1099

Ces élévations de capital se constatent dans l'ensemble des banques allemandes : (millions de marks).

(1) La dernière asrsemblée générale (octobre 1905) de la Deutsche Bank vient de décider de porter le capital de la Société à 200 niillioris de marks.

Ensemble des banques allemandes Banques berlinoises Années Nombre Capital Nombre Capital

Le capital des banques allemandes de crédit a donc augmenté d'une façon notable : leur nombre également d'ailleurs, qui passe de 71 en 1883, à 92 en 1890, à 129 en 1904 ; mais ce serait une grave erreur que de vouloir interpréter ces chitTres dans un sens contraire à celui de la concentration. Le mouvement de concentration, nous le verrons en effet, n'a pas pris en Allemagne les mêmes formes qu'en Angleterre ou en France par exemple : il ne se manifeste pas seulement par la disparition des banquiers privés ou des banques locales, remplacés par les succursales des grands établissements- Ce n'est là qu'un des aspects du phénomène de concentration qui se poursuit en Allemagne sous les formes les plus variées: or, Tune de ses principales caractéristiques est de laisser le plus souvent aux établissements absorbés, fusionnés par les grands Instituts, facteurs de la concentration, leur personnalité propre et une autonomie formelle. Nous assistons beaucoup moins à la prédominance de quelques rares établissements, concentrant entre leurs mains et sous une même raison sociale la majeure partie du trafic de Banque — , comme chez nous le Crédit Lyonnais, la Société Générale et le Comptoir National d'Escompte, — qu'à une concentration de forces sous la forme d'alliances, d'unions, de groupements de banques plus ou moins in-

dépendantes d'un grand établissement directeur qui les soutient, les contrôle et les utilise à son gré. C'est ce que nous allons voir en esquissant rapidement la politique des grands établissements berlinois vis-à-vis des banques privées et des banques par actions provinciales et en montrant les résultats auxquels a abouti cette politique.

a) Il est devenu déplus en plus difficile aux firmes particulières de lutter contre les masses de capitaux accumulées dans les grands établissements : aussi, depuis une vingtaine d'années, les absorptions de maisons privées se sont-elles succédé, importantes et nombreuses. Dans son numéro du 8 janvier 1898, le Deutsche OEkonomist donnait une liste de trente-cinq banques privées ayant ainsi disparu et depuis, ce mouvement s'est encore accentué : la question des banques locales se pose aujourd'hui chez nos voisins avec plus d'acuité peut-être encore qu'en France (1).

Ces banques privées sont ou bien simplement absorbées parles grands établissements, « pompées » comme on dit maintenant en Allemagne et érigées en filiales proprement dites, ou bien transformées par eux en sociétés par actions co77imandilées : de toute façon, soit qu'elles deviennent de pures et simples succursales, soit qu'elles survivent sous une autre forme, elles perdent leur indépendance et entrent dans le cercle d'action d'une grande banque.

Nous aurons à citer maintes fois le nom de firmes particulières, — et non des moindres — ainsi disparues ou transformées : la vieille maison Becker de Leipzig, devenue en 1899 une filiale de la Disconlogesellschaft, la maison

(1) V. Maurice Saurel, op. cit.

A. Rothschild de Francfort transformée en 1901 en filiale de ce même établissement ; la maison R. Varschauer de Berlin, commanditée en 1898 par la Darmstâdter Bank pour 20 millions de marks et qui vient (190S) d'être absorbée complètement par cette banque. La maison Landau absorbée par la National Bank. En 1904, la Dresdner Bank absorbe l'antique et solide Banque Erlanger et fils établie depuis de longues années à Francfort et qui couvrait le pays d'un vaste réseau de succursales ; la Deutsche Bank, la maison J.. Molenaar de Grefeld, la banque Lazard Brach de Saarbrticken ; la Discontogesellschaft, la maison ./. Schultze et Wolde de Brème, la maison W. S. Varburg à'PiXioTidi] elle transformait hier encore (décembre 1904) la première maison de la place de Mannheim, la puissante banque W. H. Ladenbiirg et fiU en « Siiddeutsche Discontogesellschaft ».

b) C'est cette même politique que nous retrouvons suivie par les grands établissements berlinois vis-à-vis des banques par actions provinciales elles-mêmes : là encore, nous avons à enregistrer des fusions complètes, des absorptions totales d'une banque par l'autre ; plus souvent encore, il arrive que les deux maisons gardent chacune une existence indépendante, l'une devenant le principal actionnaire ou le commanditaire de l'autre. Dans chacun de ces deux ordres d'idées, l'exemple de l'absorption de la Norddeutsche Bank de Hambourg (au capital de 60 millions de marks) par la Discontogesellschaft en 1895, — et l'exemple de la participation de la Deutsche Bank dans la Bergisch Mdrkische Bank (capital en 1898, 40 millions de marks) et le Schlesischer Bankverein (capital 27 millions de marks), sont devenus classiques en Allemagne.

Les banques berlinoises elles-mêmes ne sont point à

l'abri de ces absorptions par des rivales plus puissantes et plus actives, témoin la fusion de la Deutschen Genossenschaftsbank au capital de 30.000.000 marks avec la Dresdner Bank, réalisée en 1 904, et plus récemment encore, janvier 1905, l'absorption de la Berliner Bank au capital de 42.000.000 marks par la Commerz und Disconio Bank.

En 1898, le Deutsche OEkonomist comptait 14 banques par actions totalement absorbées ; en 1902 et 1903, 10 autres d'un capital global de 68.307.300 marks (1) ; en 1904, 9 banques par actions dont voici l'énumération, disparaissent :

Capital-Actions .Marks

Berliner Bank 42.000.000

Deutschen Genossenschaftsbank 30.000.000

B6rsen Handels V^erein .

Westdeutsche Bank . . .

Oberrheinische Bank. . .

Padernsteiner Bankverein Dortmunder Bankverein .

Niederrheinische Bank. .

Trieier Bank

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