‹ Le mouvement de concentration dans les banques allemandesChapitre 3 sur 54 · SOI · texte numérisé non relu

SOI

(1) Nous donnons la liste de ces banques absorbées en 1902-1903.

1 Barmer Handeisbank

2 Crédit und Depositen Bank (Zweibrûcken)

3 Crédit bank Recklinghausen

4 Kommand-Gesellsch. A. Molenaar et C° .

5 Bank fur Rheinland und Westfaleii . . .

6 Kôlnische Wechsler und Commissions B.

7 Bank fur Suddeutschland

8 Diisseidorfer Bankverein

9 Coblenzer Bank

10 Euskirchener Volksbank

Capital-Actions Marks

Les quatre premières de ces banques ont été absorbées par la Deutsche Bank, les trois autres par la Darmstiidter, les dernières enlin par la Discontogesellschaft et la Dresdner Bank.

En revanche, celte même année 1904, il s'est fondé 14 banques nouvelles :

Capital-Actions Marks

Bank fur Chile und Deutschland 2.500.000

Brasilianische Bank fur Deutschland 10.000.000

Greditverein Neviges l.bOO.OOO

Crefelder Bank 1.500.000

Emder Bank 1.000.000

Hamelner Bank 1.500.000

Lûdenscheider Bank l. 000. 000

Barmer B. f. Handel und Gewerbe 2.100.000

Crédit Verein Rosenheim 1.000.000

Oberfrankische Bank 1.800.000

Trierische Volksbank 2.000.000

Weissenfelder Bankverein > 1.209.000

Wurzener Bank i. 000. 000

Pforzheimer Bankverein 3.500.000

Nous avons donné ce tableau pour bien montrer qu'il ne faut point juger des progrès de la concentration d'une façon absolue, uniquement d'après le nombre total, croissant ou décroissant, des banques dans le pays. De ces H banques nouvelles, en effet, 11 furent fondées avec l'appui des grands établissements berlinois ou sont commanditées par eux et rentrent ainsi dans leur sphère d'action.

C'est là le deuxième aspect de la politique pratiquée par les grandes banques vis-à-vis des banques par actions ; à côté des fusions complètes, des absorptions totales nous trouvons des fusions imparfaites, des absorptions partielles, peut-on dire, réalisées de diverses façons, par commandite, par achat ou échange d'actions et qui, tout en laissant aux banques ainsi agglomérées leur raison sociale et une liberté plus ou moins complète, ne les mettent pas moins

SOUS la dépendance des grands établissements et les l'ont marcher à leur suite. L'ensemble de ces succursales d'un caractère tout à fait particulier constitue ce que nous avons appelé /es groupes de hanques. C'est surtout dans cette direction que paraît s'être dirigée l'activité des banques berlinoises, préoccupées depuis quinze ans d'étendre leurs relations, leurs alliances, leurs participations dans les banques secondaires.

Ces dernières à leur tour, ont suivi lu même politique et se sont efforcées dans leur rayon d'action propre de multiplier également les participations et les unions avec les banques locales, de sorte que, finalement, un groupe de banques nous apparat comme une série de groupements régionaux réunis, concentrés sous la direction unique d'un grand établissement aux capitaux considérables et financièrement intéressé, directement ou indirectement^ à chacun des éléments (1).

Parfois même, enfin, c'est entre deux établissements de force sensiblement égale, tous deux chefs de groupe, que nous voyons se conclure des alliances, sortes de cartels de banque, qui vont concentrer dans une môme activité des capitaux formidables : ainsi la communauté d'intérêts Dresdner Bank-Schaaffhausens'cher Bankverein. conclue en décembre 1903, pour 30 ans, qui réunit un

(1) Les Bankgruppen de M. Ernsl Goldschmidl sont quelque chose de tout à fuit différent de ce que nous entendons ici : <« Les Banlvgruppen, dit-il (p. 6), sont des unions de banques pour la conduite commune des affaires. Leur essence consiste en ce fait que plusieurs banques constituent un capital dans un but déterminé. L"une d'elles prend la direction de l'entreprise, soit celle qui y est la plus intéressée financièrement, soit celle qui peut le mieux surveiller le marché... » Oo voit qu'il s'agit là uniquement, de ce qu'on nomme plus généralement un consortium de banques.

capital de 285 millions de marks, plus (fin \ 904) 64 millions de marks de réserves, soit un total de 349 millions de marks.

A cette lutte d'influence et de capitaux sans cesse engagée sur quelque point de l'Empire, les banques allemandes ont apporté une ardeur singulière. Citons en passant cet exemple caractéristique que nous trouvons dans la Neiie Hamburger Zeitschrift du 20 juin 1905 sous le titre significatif de Combat de Banques à Kônigsberg : « La Deutsche Bank et la National Bank d'un côté, la Handelsgesellschaft, la Darmstadter Bank et l'A. Schaaffhausens' cher Bankverein de l'autre, ont fait hier une demande si vive des actions de l'Ostdeutsche Bank que l'offre ne suffisant plus, on dut effacer la valeur de la cote. Le premier groupe désire, comme on sait, fusionner l'Ostdeutsche Bank avec la Norddeutsche Crédit Anstalt, tandis que le second veut l'incorporer à l'Ostbank de Posen »

Aussi ne reste-t-il plus aujourd'hui en Allemagne qu'un petit nombre de maisons indépendantes ou isolées : la plupart des banques sont d'une façon ou d'une autre liées aux intérêts d'un groupe placé sous la direction d'une grande banque : c'est à Berlin que viennent se réunir tous les fils de cette organisation très largement ramifiée. Nous nous trouvons dès maintenant en présence de quatre groupes nettement caractérisés, dont nous aurons à préciser plus tard et la physionomie propre et le mode de formation :

LES BANQUES ALLEMANDES DE 1 8o0 A 1904 M

1" Groupe de la Deutsche Bank. Ce groupe comprend :

fin 1904 Capital-Actions Réserves

Deu/sc/ie BanA (Berlin) (1) 180.000.000 "5.000.000

Bergisch Makirsche Rank (Elherfeld) . 60.000.000 14.639.559

Schlesisoher Bankverein I lîreslau) . . 30.000.000 9.000.000

Hannoversche Rank (Hanovre) . . . 22.500.000 3.292.180

Osnabriicker Rank (Osnabriick) (2). . 8.000.000 2.566.000

Hildesheimer Bank (Hiidesheim). . . 8.000.000 2.000.000

Duisburg Ruhrorter Bank (Uuisburg). 12.000.000 79.051

Essener Crédit Anstalt (Essen) (3) . . 40.000.800 10.110.000

Westfalischer Bankverein (.Munster) . 7.000.000 1.621.000 Siegener Bank fur Handel und Ge-

werbe (Siegen) 4.000.000 555.000

Sachsische Bank (Dresde) 30.000.000 6.539.763

Essener Bankverein (Essen) (4) . . . 7.500.000 850.000 01(ienburj.;ische Spar und I.eih. Rank

(dldenburg; 4.000.000 850.000

Emdener Rank (Emden) 1.000.350 219 787

Privât Rank zu Gotha 7.200.000 1.105.160

Mecklemburgische Hypoteken und

Wech<el Bank (Schwerin) .... 9.000.000 3.750.000 Mecklemburgische Spar Bank(Schwe-

rin) 3.000.800 100.000

Uheinische Crédit Bank (Mannheim). 70.000.000 9.378.819

Siiddeutsche Bank (.Mannheim). 4.000.000 609.671

(1) La dernière assemblée géne'rale de la Deutsche Bank a décidé de porter le capital de la société à 200 millions de marks.

(2' L'Osnabrùcker B. a porté son capital à lO.OUO.OOO marks en 1905.

(3) L'Essener Crédit Anstall a porté son capital, en 1905, à 48.000.000 marks.

(4) L'Essener Bankverein a porté son capital en 1905, à 10.000.000 marks.

2° Groupe de la Discontogesellschaft. Ce groupe contrôle :

fin 1904

Discontogesellschaft (Berlin)

Norddeutsche Bank (Hambourg) (1) .

Allgemeine Deutsche Crédit Anstalt (Leipzig)

A. Busse et Gie (Berlin)

Vogtlândische Bank (Plauen) ....

Oberlausitzer Bank (Zittau)

Vereinsbank(Grimma)

Rheinische Discontogesellschaft (Aixla-Chapelle) (2)

Bochumer Bank (Bochum)

Eschweiler Bank (Eschweiler). . . .

Dûrener Bank (Dûren) (3)

Volksbank Geilenkirchen

Oberbergische Bank (Ohl)

Eupener Crédit bank (Eupen) ....

Barmer Bankverein (Barmen) (4) , .

Sùddeutsche Disconto Gesellsch.

(Mannheim)

(1) Le capital de la Norddeutsche Bank, entièrement possédé par la Disconto, ne figure pas dans le total.

(2) L'Assemblée générale du 4 août 1905 a porté le capital de la Rheinische Discontogesellschaft à 60.000.000 marks.

(3) Le capital de la Durener Bank a été porté à 1.000.000 marks en

(4) Le capital du Barmer Bkv. vient d'être porté à 47.974.400 marks.

Capital-Actions

Réserves

Marks

3^ Groupe Dresdner Bank — A. Schaaffhausens' c/ier Bankvei'cin :

fia 1904 Capital-Actions Réserves

Marks

Dresdner Bank (Dresde et Berlin) . . 160.000.000 47.500.000

Markische Bank (Bochum) 8.000.000 220.000

Rheinische Bank (Mûlheim) (1) . . . 10.000.000 1.090.784 Oberschlesische Bank (Beuthen). . . 3.000.000 320.000 Wùrllembergische I.andesb. (Stuttgart) 6.000.000 95.772

OKienbiirgische I-andesbank (Olden-

burg) (2) 1.200.000 620.574

MecklemburgischeBank(Schwerin)(3). 2.000.000 245.211

Rostocker Gewerbe Bank (Rostock). . 2.000.000 137.096 Neuvorpoinm. Spar und Creditb.

(Slralsund) 1.000.000 5.934

Landt.'raflich.HessischeLandesb.(nom-

burg) 1.000.009 145.521

Schwarzburgische Landesb. (Sonders

hausen) (4) i. 000. 000 87.187

A. Schaaffhausens'cher BAu. (Cologne et

Berlin) 125.000.000 23.729.761

Ostdeutsche Bank (Konigsberg) (5). . 10.000.000 840.061

Pfiilzische Bank (Ludwi-shafen) . . . 50.000.000 8.849.813

Miltelrheinische Bank (Coblenz). . . 12.000.000 577.226

MiJlheimer Bank (Mûlheim) 7.500.000 508.205

Westfalisch. Lippische Vereinsb. (Bie-

lefeld) (6) 5.000.000 187.339

(1) Le capital de la Rheinische Bank a été porté en mai 1005 à 21.000.000 marks.

(2) Capital nominal, 3.000.000 marks.

(3) Capital nominal, 5.000.000 marks.

(4) Capital nominal, 2.500.000 marks.

(5) L'Ostdeutsche Bank a fusionné en 1905 avec la Oslbank fiir Handel und Gewerb

(6) Le capilarde la Westfalisch- Lippische Bank a été porté en 1905 à

4° Groupe de la Bank fur Handel und Industrie (Darmstadter Bank) : il comprcDd:

fin 1904 Capital- Actions Réserves

Marks

Darmstàdter Bank (Darmstadt et Berlin) ■ . . 154.000.000 27.000.000

BresIauerDiscontobanU (Breslau) . . 25.000.000 1.260.246

Ostbank fiir Handel und Industrie (1)

(Posen) 8.000.000 1.446.000

Bromberger B. fur Handel und Ge-

werbe (Bromberg) 2.000.000 20.000

Nordwestdeutsche Bank (Brème) (2). 5.000.000 245.029

Wûrttembergische Bank (Stuttgart). . 7.000.000 1.440.000

Le Deutsche OEkonomist { 22 juillet 1905 ) énumère encore trois autres groupes : nous les donnons également quoiqu'ils ne soient pas encore nettement caractérisés.

1) Groupe de la Mitteldeutsche Crédit Ba7ikk Berlin et à Francfort :

Capital-actions 45.000.000 marks

Réserves 6.170.000 —

La Mitteldeutsche Crédit Bank est associée aux maisons Meyer et Diss (Baden-Baden) et North, Kammeier et G" (Essen).

2) Groupe de \^ National Bank fur Deiitschland {Berlin).

Capital 80.000.000 marks

Réserves 9.710.000 —

(1) Le capital de TOsthank a été porté a 18.000.000 marks en 1905.

(2) Celui de la Nordwestdeutsche Bank à 7.000.000 marks.

La National Dank est intéressée à l'Orient Bank d'Athènes et commandite la maison Erttel, Freyberg et Cie à Leipzig.

3) Groupe de la Commerz und Disconto Bank à Berlin, Hambourg et Kiel. Elle est intéressée à la maison .1. Dreyfus et Cie, à Francfort et au Crédit und Spar Bank de Leipzig.

Capital Réserves juillet 1903

Commerz und Disconto Bank 85.000.000 7.500.000

Crédit und Spar Bank 10.350.000 —

Si nous additionnons les capitaux et les réserves de ces différents groupes, nous arrivons au résultat suivant ;

Capital-.\ctions Réserves Total

marks

1" groupe 507.201.950 142.265.990 649.467.940

20 groupe 379.855.800 118.376.876 498.232.676

3« groupe 404.700.000 85.160.491 489.860.491

4" groupe 201.000.000 31.411.275 232.411.275

5= groupe 45.000.000 6.170.000 51.170.000

6"= groupe 80.000.000 9.710.000 89.710.000

7« groupe 95.350.000 7.500.000 102.850.000

Soit un total de 2.1 13.702.382 marks en face duquel les ressources propres des établissements restés indépendants ne représentent plus guère que 350 millions.

Engagées dans une lutte de jour en jour plus difiicile, sollicitées de toutes parts, ces banques résisteront-elles longtemps encore à ce courant général de concentration? — Ne verrons-nous point d'autres communautés d'intérêts, toujours plus considérables se produire et finalement deux

cartels gigantesques dominer le marché? — Ce sont là des questions qui viennent naturellement à l'esprit quand on considère l'importance des résultats auxquels a abouti en ces quelques années le mouvement de concenlration : les faits répondront.

Aussi bien, ce mouvement de concentration dans les banques allemandes dont nous venons de donner les résultats d'ensemble, a-t-il été et reste-t-il intimement lié à tout le mouvement économique et politique du pays luimême. Il nous faut entrer maintenant dans l'étude de ce mouvement et, pour bien saisir l'exacte physionomie du tableau de la concentration dans le trafic de banque en Allemagne, rechercher quelles en furent les causes et reprendre d'une façon plus analytique Tétude des moyens techniques qui servirent à la réaliser.

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