‹ Le mouvement littéraire contemporainChapitre 34 sur 76 · Faite en 1880, représentée en · texte numérisé non relu

Faite en 1880, représentée en

se passe dans une arrière-bouliquc. Nulle intrigue d'ailleurs, nulle complication d'incidents adventices; nous ne nous y intéressons qu'à des sentiments. Enfin deux « héros » vrais, qui ne jouent pas, mais vivent devant le public, et que la réalité, sans cesse présente, ramène continuellement à leurs vulgaires occupations; et, comme figures accessoires, d'insignifiants I comparses, les premiers venus, dans leur médiocrité * plate et triviale*. Quant à Renée, elle dilTère de Thérèse Raquin par la peinture d'une classe sociale tout autre, mais elle lui ressemble par la simplicité de la fable et par l'exclusion des personnages dits sympathiques. Ce qu'elle a sans doute de plus intéressant, c'est que M . Emile Zola prétend y appliquer la méthode naturaliste en représentant « l'homme physiologique » sous la double influence de l'hérédité et des entours^

Ni les Concourt, ni Daudet, ni M. Zola ne réussirent au théâtre. Le naturalisme, qui renouvelle la critique et l'histoire, qui a déjà transformé le roman, ne subit ur la scène que des échecs, même avec un chefd'œuvre comme VArlésienne. Il finira bien par y triompher, mais beaucoup plus tard. Pourquoi? Quels sont les obstacles qui l'arrêtèrent si longtemps?

D'abord, l'art dramatique suppose certaines con-

1. « Pour mettre, sous les angoisses atroces de mes héros, la banalité de la vie de tous les jours. » (Préface de Tlm^èse Raquin.)

Page 1