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Amoureuse, acte I, scène i

M. Jules Lemaître avait contre lui, en abordant la scène, d'être un chroniqueur théâtral, un critique impressionniste et un dilettante. Cela explique les défauts de ses pièces, qui ne nous donnent jamais une entière satisfaction. Mais cela peut en expliquer aussi l'intérêt et la valeur.

Chroniqueur théâtral, tel ou tel sujet l'attira, luimême nous le dit, auquel il dut renoncer en s'apercevant que d'autres l'avaient déjà mis en scène. Aussi bien ses personnages ont souvent plus ou moins d'analogie avec certains types antérieurs. Mlle Anglochère, de Flipote, rappelle Mme Cardinal, Chambray, de VAge difficile, le comte de la Rivonnière *, Hélène, de Révoltée, Mme Bovary et Froufrou. Les réminiscences abondent chez M. Lemaître. C'est de l'Alexandre Dumas, c'est de l'Augier, c'est surtout du Meilhac et Halévy. Mais avec quelle finesse il varie des figures déjà vues! Ceux de ses personnages qui offrent le plus de ressemblance avec les personnages de Meilhac et Halévy, d'Augier ou de Dumas, en diffèrent par des nuances sensibles. Hélène est « une Bovary parisienne », « une Froufrou cérébrale et pessimiste » ; Chambray n'est point, comme La Rivonnière, un écervelé, un vieil enfant, mais au contraire un homme très perspicace et très réfléchi; et, quant à Mlle Anglochère, son parfait désintéressement la distingue assez de Mme Cardinal. L'originalité de M. Lemaître peut bien manquer de vigueur; en revanche, elle est des plus déliées.

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