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tique ». Et cet art poétique n'a sans cloute rien de proprement symboliste, au sens exact du mot, mais il indique fort bien le sens général de l'évolution qui se prépare. Verlaine y prend parti contre le Parnasse. Il avait jadis raillé les « Inspirés »
D'abandonner leur être aux vents comme un- bouleau.
Maintenant, le voici disant au poète :
Que ton vers soit la bonne aventure Éparse au vent crispé du matin.
Il fait la guerre à la rhétorique, voire à l'éloquence :
Prends l'éloquence et tords-lui le cou.
Ce qu'il veut, c'est une poésie, non pas rationnelle, comme celle des Malherbe et des Boileau, non pas même pittoresque, comme celle de Théophile Gautier, ou sculpturale comme celle de Leconte de Lisle, mais fluide, aérienne, vaguement nuancée, une « chanson grise ». Tel est, dès lors, le caractère de ses vers. Et il y accommode naturellement sa langue et sa prosodie. Presque toutes les innovations de l'école moderne, c'est lui qui en est le premier auteur. La poétique de Paul Verlaine consiste à proscrire le concerté, l'apprêté, ce qui sent l'art, ce qui se nomme littérature, à faire, du vers,
la chose envolée Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée Vers d'autres cieux...
Et certes, ses meilleures pièces sont aussi les plus ingénues.
Verlaine, au reste, désapprouva en maints cas ceux
qui le tenaient pour leur maître. Écoutons-le seulement : « Ils m'embêtent à la Vm, les cijmbalistesl... N'est-ce pas ridicule, tout cela, après tout!... Moi aussi, je me suis amusé à faire des blagues, dans le temps!... Mais enfin, je n'ai pas la prétention de les imposer en Évangile! Je ne regrette pas mes vers de quatorze pieds; j'ai élargi la discipline des vers, et cela est bon ; mais je ne l'ai pas supprimée I A présent, on fait des vers à mille pattes I Ça n'est plus des vers, c'est de la prose; quelquefois même ce n'est que du charabia... J'ai eu des élèves, oui, mais je les considère comme des élèves révoltés '. » Et il ne marque pas seulement sa dissidence sur des points de métrique ou de langue, mais aussi sur la conception même du symbolisme poétique. « Le symbolisme? Comprends pas... Ce doit être un mot allemand, hein? Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire? Quand je souffre, quand je jouis ou quand je pleure, je sais bien que ça n'est pas du symbole. Voyez-vous, toutes ces distinctions-là, c'est de l'allemandisme. Moi je suis Français ^. » La poésie de Verlaine semble, par certains côtés, directement contraire à celle des symbolistes. Si en effet le symbolisme ne s'accorde qu'avec un état d'âme plutôt objectif et contemplatif, comment faudrait-il y rapporter une poésie dont le trait essentiel est son inspiration élégiaque, ou, mieux encore, son subjectivisme aigu?
On sait qu'après la mort de Leconte de Lisle, la jeunesse littéraire proclama Paul Verlaine « prince