‹ Le mouvementChapitre 10 sur 184 · I. American Journal of Psychologj-, 1901, XII · texte numérisé non relu

I. American Journal of Psychologj-, 1901, XII

LE SENS MtSCULAlRE 2 5

sations du mouvement du genou serait due à cette tension dans la cheville. La faradisation de la cheville efface ainsi une partie des sensations appropriées au mouvement du genou.

Il est évidemment impossible, dans l'état actuel de nos connaissances, de déterminer exactement quelle est la source des sensations du mouvement actif et passif. Elles ne proviennent apparemment pas des muscles, mais certainement en grande partie de la région des jointures ; c'est tout ce que nous en pouvons dire.

Nous essayerons de distinguer les origines des différentes sortes de sensations, comprises sous le terme vague et impropre de « sens musculaire » . Les sensations de rotation active et passive des jointures proviennent de la région des jointures ; mais les sensations de crampes viennent certainement des muscles, comme on peut s'en convaincre en exerçant une pression sur les muscles, tordus par la crampe. Les sensations de fatigue proviennent en partie des muscles fatigués et en partie de la région des jointures et des tendons, auxquels on a fait déployer un effort. Après des expériences ergographiques prolongées, dans lesquelles le mouvement est effectué par l'index, j'ai trouvé que la sensibilité résidait en partie dans les muscles flexeurs, et en partie dans les jointures interphalangiennes et en partie dans le doigt entre les jointures, apparemment dans les tendons qui traversent le doigt.

On s'attendrait à ce que les sensations de pesanteur et de tension musculaire prennent naissance dans les muscles ; mais par une observation plus minutieuse,

WOODWORTH. a

on voit qu'une très petite partie intéresse subjectivement les muscles eux-mêmes. Si l'on soulève un poids léger et qu'on le place en équilibre dans la main, nulle sensation ne semble provenir des muscles, mais de la main elle-même et du poignet. Pour les poids lourds, les sensations se rapportent plutôt aux jointures qu'aux muscles. Si un poids de lo kilogrammes est suspendu au bout du bras vertical, la plus forte sensation est ressentie à l'épaule, ensuite au coude et au poignet. Si un poids est légèrement soulevé de côté, avec le bras horizontal, la sensation de l'effort est ressentie plutôt au coude et une légère partie est ressentie comme provenant du deltoïde et des autres muscles qui ont aidé à soulever le poids. A cause de l'exactitude générale que nous retrouvons dans ces localisations subjectives, nous les considérons comme très importantes. En outre, ces sensations qui semblent provenir du coude ne sont plus ressenties lorsque le coude est faradisé.

Avant d'assigner leur place au point de vue de l'origine, nous décriroris les sensations de la résistance, GoLDSCiïEmEH les a distinguées des sensations de la pesanteur * ; elles sont de qualité et de source différentes et doivent être considérées comme un type distinct de sensation. Goldscueider a poussé cette distinction trop loin, car il veut une forte ligne de démarcation entre les sensations causées par une tension constante du poids sur le bras qui le supporte et les sensations causées par la résistance constante d'un objet fixe, contre lequel le bras est poussé. La

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