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I. Année psychologique^ 1900, VIT

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de sorte que la somme totale de travail accomplie à la fin n'était pas beaucoup altérée, ni par les stimulants, ni par les déprimants.

Il est difficile de tirer des travaux de Féré une interprétation exacte des faits de dynamogenèse. Dans certains passages, il parle d'un effet stimulant sur les (( vibrations organiques » ; dans d'autres passages, il attribue, d'une façon plus déterminée, certains effets à une plus grande clarté dans Vidée du mouvement qui doit être exécuté. Le mouvement suit ou accompagne ridée de mouvement ; en rendant Tidée plus intense, on fortifie le mouvement. Quoique cette explication soit parfaitement applicable à Teffet stimulant des sensations du mouvement, ou à la vue d'une autre personne qui fait le même mouvement, elle n'est pas toujours exacte. Une lumière rouge, par exemple, ne tend pas plus à intensifier l'idée du mouvement d'une main, qu'une lumière verte. Les couleurs, les tons, les goûts et les parfums n'ont pas de relation apparente sur l'idée de serrer un dynamomètre ou de soulever un poids avec l'ergographe. L'effet stimulant de ces sensations n'est pas spécifique ; il agit ordinairement sur tout le système nerveux .

Féré lui-même a reconnu et clairement montré cet effet général. Il trouve que les sensations augmentent parfois les mouvements involontaires de muscles squelettaux et qu'elles produisent toujours des effets vasomoteurs. Une sensation ou une idée qui rend plus forte Faction de saisir, détermine aussi une augmentation du flux du sang aux périphéries. Le plethysmographe montre, comme résultat des stimu-

lations sensorielles, une brève dilatation vasculaire, suivie ordinairement d'une plus brève constriction. La dilatation agissait probablement d'une façon directe, pour augmenter l'énergie nécessaire aux muscles ; et en certaine façon, c'était le signe d'un effet large de la sensation dynamogénique. Une telle sensation est apte à produire aussi des changements dans les battements du cœur, dans la respiration,» dans l'aspect de la prunelle, dans la tension de la vessie et même dans les mouvements de l'estomac. Il est donc clair que l'effet stimulant d'une sensation ne peut être associé à ses effets sur les idées du mouvement seul. Il se reflète dans tout l'organisme, et entre autres effets, il augmente sans doute (ou diminue) la tonicité des centres moteurs inférieurs.

Il semble que Féré lui-même indique comme explication fondamentale de ces effets cette influence générale sur la tonicité, ainsi qu'il ressort du passage suivant :

((' Toute excitation détermine non pas seulement la tension d'un muscle ou d'un groupe de muscles, mais une érection générale de l'organisme tout entier. Et c'est justement à cette érection, qui s'accompagne d'une augmentation de la tonicité de tous les muscles, qu'est due l'expression de satisfaction ou de plaisir qui se traduit non seulement par l'aspect de la face, mais encore par l'attitude du corps, où domine l'extension ; tandis qu'à l'état inverse, la dépression, correspond un relâchement musculaire général qui se traduit dans les membres et le tronc par la prédominance de la flexion et dans la face par la flaccidité des mêmes muscles, d'où il résulte que les chairs

semblent s'abandonner aux lois de la pesanteur ^ » Dans les études qu'on a faites sur l'influence des sensations et des états mentaux sur le réflexe patellaire, on trouve la confirmation de cette opinion que les efiets dynamogéniques sont généraux. Une contraction brève et soudaine du muscle quadriceps, obtenue par un coup sur son tendon, est un indice de la tonicité musculaire réflexe et involontaire, qui est toujours présente, à un degré plus ou moins élevé, dans beaucoup, si non dans tous les muscles. Une maladie, telle que le tabès dorsal, qui en interrompant l'arc réflexe détruit la tonicité musculaire, abolit aussi le réflexe patellaire. Une condition mentale qui augmente ou diminue la tonicité, agit de la même façon sur ces mouvements du genou ^

La tonicité musculaire étant involontaire et inconsciente, ce qui l'influence doit agir sur les centres inconscients. Les expériences de plusieurs auteurs ont |)r()uvé que les influences dynamogéniques afiectent le réflexe patellaire, de la même façon que Féré avait trouvé qu'efles afi'ectent la force de la contraction volontaire.

Lombard^ a trouvé que chez certaines personnes, le réflexe patellaire est sujet à des variations continuelles dont on ne voit pas la cause. H faut la chercher probablement dans les variations correspondantes de la tonicité du système nerveux, produites par des sensations variées, des idées et des influences incon-

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