‹ Le mouvementChapitre 106 sur 184 · I. American Journal of Physiologj, 1898, I · texte numérisé non relu

I. American Journal of Physiologj, 1898, I

mouvement suit ; il peut être inhibité, mais on peut quand même le trouver dans une forme rudimentaire.

C'est particulièrement l'idée du mouvement corporel qui est suivie naturellement du mouvement même. Si je me dépeins à moi-méine, sous de vives couleurs, un mouvement de mon bras, j'ai besoin d'un effort spécial d'inhibition pour empêcher mon bras de remuer en réalité. Si je m'imagine que mon œil droit cligne, j'observe que cet œil essaie immédiatement de se fermer.

L'idée du mouvement peut encore être suscitée en moi par la vue d'une autre personne faisant ce mouvement. Si cette idée me fait sentir ses effets, j'imite le même mouvement. Nous voyons là la base instinctive de l'imitation. Dans la vie civilisée, ces mouvements imitatifs sont réprimés en grande partie ; mais pour qu'on voie ses mouvements imitatifs apparaître pleinement, on n'a besoin que de se trouver en vue de mouvements qui excitent ou absorbent son attention. La vue d'une lutte ou d'une partie de foot-ball fait naître nos mouvements imitatifs. Les spectateurs peuvent reproduire dans leur propre corps les efforts de leurs combattants favoris. J'ai remarqué que lorsqu'un joueur était près de frapper la balle du pied, il y avait des spectateurs faisant les mêmes mouvements. Ce n'était pas tant la vue d'un mouvement fait que l'imagination du mouvement qui allait s'accomplir, qui produisait ce mouvement involontaire et souvent inconscient du spectateur.

Ordinairement, plus ou moins des réactions motrices appropriées des idées sont supprimées par des

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réactions contraires, appropriées à d'autres idées. Beaucoup d'effets moteurs sont inhibités par l'air relativement calme qui exprime notre idée du décorum ; on en trouve cependant beaucoup sous une forme atténuée. Dans ses études sur les moindres mouvements perceptibles, Golscheider * a trouvé qu'en imaginant vivement que les doigts produisent un mouvement, il y avait toujours en réalité un mouvement suffisant pour s'enregistrer mécaniquement, quoique trop faible pour être perçu clairement. Un mouvement, imaginé avec moins de vivacité, ne produisait aucun mouvement réel qui pût être enregistré par son appareil.

Les muscles de la phonation sont particulièrement susceptibles d'être stimulés par le processus idéational du cerveau. L'idée de parler produit des mouvements réels d'articulation. Ces mouvements sont très faibles, mais ils affectent cependant un appareil enregistreur délicat. Hansen et Lehmanin ^ ont pu rendre perceptibles à l'ouïe des « pensées silencieuses » à l'aide de miroirs paraboliques, dont les foyers étaient occupés l'un par la bouche du sujet, et l'autre par Toreille de l'observateur. En appliquant un tambour sur la peau qui recouvre le larynx, Curtis"* en a pu enregistrer les mouvements, pendant que le sujet répétait mentalement un discours ou une poésie. Sur vingt sujets, quinze ont donné des mouvements perceptibles, très faibles chez les uns, presque aussi

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