I. Sensation et Mouvement, 2« édit., p. io
3. American Journ. of PsychoL, 1896, VU, 453. 3. On Inhibition. Psychol Review, Monograph Supplément, o II, 1899.
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que l'attention était distraite ; mais la présentation et la représentation mentale des syllabes était rendue moins claire par l'absence d'accompagnement moteur. Breese a obtenu les mêmes résultats d'une façon un peu différente. Il demandait simplement au sujet d'empêcher lui-même, volontairement, ses mouvements articula toires. La difficulté qu'on éprouvait d'obéir à ce désir prouvait que ces mouvements sont normalement toujours présents, et non seulement lorsque l'idée en est suggérée par des paroles prononcées ou imprimées, mais aussi par des objets regardés. En essayant de mémoriser une série de couleurs, les noms en étaient naturellement articulés, et si le sujet était empêché d'articuler, il mémorisait plus difficilement. Dans ce dernier cas, certains sujets adoptaient d'autres signes moteurs pour les différentes couleurs qu'on leur montrait et facilitaient ainsi le processus de la mémorisation. Ces résultais, et d'autres du même genre, amenèrent Breese à la conclusion que, (( en général, en empêchant les éléments moteurs de se produire, on tend à empêcher aussi la conscience ». « L'idée du mouvement, c'est déjà le mouvement qui commence. » En rendant l'idée plus intense, on intensifie le mouvement ; en empêchant le mouvement, il faut se débarrasser aussi de l'idée; ou bien, empêchez le mouvement, et vous empêcherez l'idée, intensifiez le mouvement, comme par exemple le mouvement expressif d'une émotion, et vous intensifierez l'état conscient correspondant. L'idée et son mouvement sont des parties et des parcelles du même phénomène. Le processus du cerveau, correspondant à l'idée, consiste dans l'innervation du mouvement.
Quelque suggestives que soient ces généralisations, elles n'expriment cependant pas toute la vérité en ce qui concerne les rapports entre la conscience et le mouvement ; cependant, en vertu des faits que nous venons de mentionner, ces généralisations ont été considérées comme donnant la véritable relations qui existe entre le mouvement et la conscience, d'où Ton a déduit que Fidée d'un mouvement tend à produire ce mouvement, et qu'inversement un mouvement conscient résulte de l'idée de ce mouvement.
Quel est le défaut de cette théorie ? CVst que les mouvements ne sont pas exclusivement associés à l'idée de mouvement, à preuve les expériences sur les mouvements involontaires ; il y a des expériences qui démontrent l'expression involontaire des idées qui ne sont pas des idées de mouvements corporels.
On peut enregistrer des mouvements faibles et légers du bras, en l'appuyant sur un instrument de la planchette type arrangée de façon à se mouvoir sans friction * .
Jastroav^ a constaté des mouvements involontaires vers un objet regardé, ou auquel le sujet pensait : TucKER^ n'a observé cette tendance que lorsque cet objet intéressait spécialement le sujet, ou lorsque l'objet était en mouvement. Les deux auteurs ont remarqué que si l'objet était porté autour de la chambre, le bras du sujet le suivait, en décrivant une ellipse. Si le sujet fermait les yeux et qu'il pensât seulement