‹ Le mouvementChapitre 12 sur 184 · I. GOLDSCHEIDKR. Op. Cit., p. I · texte numérisé non relu

I. GOLDSCHEIDKR. Op. Cit., p. I

a. Dans une communication particulière à Goldscheider, Voir Archiv fur (Anat. und) Physiologie, 1898, p. 549»

et une sensation non cutanée de choc. C'est là une localisation subjective, confirmée par l'expérience. GoLDSCHEiDER et B LECHER ont fait l'expérience la plus importante*. Ils ont suspendu un poids au bras, à la main et aux doigts et, en le variant, ils ont déterminé quel était le moindre poids dont on pouvait percevoir le choc. Lorsque la ficelle attachée au bras, à la main et aux doigts était déliée, de façon à permettre une sensation cutanée du choc, le « seuil » était toujours le même, à quelque endroit que la ficelle fût attachée, à quelque jointure que le mouvement se soit produit. Mais lorsque la ficelle était attachée au bras, à la main ou aux doigts, très serrée, de façon à ce que les légers changements de la pression cutanée qui résultent du choc ne pussent être perçus, le début variait avec la jointure et avec la distance du point de suspension à la jointure.

Que la sensation de choc n'est pas entièrement cutanée, GoLDSCHEroER l'avait déjà démontré^ au moyen de l'anesthésie : il faisait tenir une baguette entre les doigts et anesthésiait la peau qui était en contact avec la baguette ; le choc de la baguette contre des objets solides était cependant perçu.

La sensation cutanée de choc n'a rien qui la rende particulièrement intéressante, mais la sensation de choc aux jointures a ses qualités propres. C'est une sensation forte et rapide, comme si elle était produite — comme elle l'est, sans doute — parle choc de deux corps solides, les surfaces articulaires. La différence

I. Archiv fur (Anat. und) Physiologie, 1898, p. 536-549a. Archiv fur (Anat. und) Physiologie, 1889, ^^^' suppl., i65 sq.

3o LE MOUVEMENT

entre les deux sortes de sensations de choc est rendue évidente, si l'on prend une baguette à la bouche, d'abord seulement entre les lèvres, en écartant les dents, et ensuite rien qu'entre les dents, en écartant les lèvres; dans, le premier cas la sensation de choc est plus légère et intéresse les lèvres, dans le second cas elle est forte et intéresse l'angle de la mâchoire.

La sensation de choc aux jointures sera mieux démontrée si l'on sépare un peu les surfaces articulaires et qu'on les rapproche ensuite ; cela réussit avec les jointures métacarpo-phalangiennes. Lorsque les surfaces articulaires se rencontrent, une sensation légère, mais cependant nette, est perçue dans la jointure, ce qui n'arrive pas dans la faradisation de la jointure. Le genre de cette sensation est le même qu'une partie de celle qui est perçue au contact de la baguette avec un -corps solide. De la sorte nous avons suivi la trace de cette sensation à son lieu d'origine. Le poignet est peut-être plus sensible que les jointures de la main et procure un plus grand terrain aux sensations de choc. Si la première phalange des doigts est étendue et que les autres soient fléchies, et si alors on frappe sur le bout des premières phalanges avec une plume ou avec le manche d'un couteau, cette sensation particulière de choc est ressentie à la base des doigts, mais plus encore dans le poignet. Si le coude est étendu, le choc peut être perçu aussi dans le coude et dans l'épaule.

Telles sont les sensations de choc. Elles prennent naissance dans la région des jointures ; et eu égard à leur caractère solide, elles se rattachent probablement davantage aux os qu'aux capsules ou aux ten-

LE SENS MUSCULAIRE 3l

dons. Elles sont causées par le heurt des surfaces articulaires l'une contre l'autre ; leurs organes terminaux se trouvent-ils à la surface ou profondément dans les os, c'est ce que nous ne saurions dire.

La discussion précédente a mis en lumière plusieurs qualités distinctes de la sensation, dénommées toutes sous le terme vague de « sens musculaire ». Ce sont les sensations de crampe, qui naissent dans les muscles ; les sensations de fatigue, qui naissent dans les muscles, dans les tendons et dans .ou autour des jointures ; les sensations d'ellorl et de tension, qui naissent probablement en partie dans les muscles, mais plutôt dans la région des jointures ; les sensations de rotation des jointures, qui naissent dans la région des jointures, et les sensations de choc, qui naissent dans les jointures ou dans les os.

Les sensations cutanées peuvent se combiner avec quelques-unes d'entre elles, mais peuvent en être distinguées par une observation attentive ; et avec quelques-unes d'entre elles peuvent s'unir des sensations visuelles ou auditives.

La question qui se pose maintenant, est de savoir si toutes les sensations de mouvement et d'effort s'expliquent par ces sources périphériques, ou si, au contraire, quelques-unes prennent naissance de l'initiation centrale de la contraction musculaire.

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