I. Voir plus haut, p
mouvement exigent une attention séparée, le mouvement n'est pas exécuté comme un acte volontaire unique. Les parties sont volontaires; le tout est désiré, sans être cependant sous la dépendance du désir. L'acquisition du contrôle volontaire est équivalente à la formation de Thabitude. Le processus par lequel s'est formée l'habitude et s'est établi le contrôle volontaire, c'est la pratique, Tentraînement, l'exercice.
Tout le monde connaît d'une façon - générale les eflfels de la pratique : augmentation de l'exactitude, de la vitesse, de la facilité, de la sûreté et de l'automatisme. Si pendant l'entraînement l'attention est dirigée vers les facteurs qui contribuent au perfectionnement, on en peut distinguer plusieurs. Il y en a de conscients et d'intellectuels. On remarquera qu'une façon quelconque de faire un mouvement réussit mieux qu'une autre et sera donc adoptée ; au début, on fait des mouvements inutiles, mais on remarque qu'ils ne produisent rien de bon, et on les abandonne, et Ton apprend à faire la même action d'une façon plus simple, plus rapide et plus exacte ; on arrive à reconnaître les parties faibles de Tacte, cl on concentre là-dessus son effort. On peut encore trouver d'autres facteurs non intellectuels : par association, le procédé devient régulier, et l'on emploie moins de temps à passer d'une partie à l'autre de l'acte ; c'est encore par association que certaines parties deviennent automatiques, l'attention ne s'y attache plus et se concentre sur les parties faibles du mouvement ou sur le résultat désiré. L'élimination des mouvements inutiles, et la conservation du meilleur procédé sont donc en partie inconscients.
On n'acquiert que graduellement de Thabileté à faire un nouveau mouvement. Dans la première partie de la pratique, le perfectionnement est ordinairement rapide, ensuite il est plus faible, jusqu'à ce que, à la fin, il n'y ait pins de perfectionnement possible. Un perfectionnement soudain est la preuve de changements brusques dans la façon de faire le mouvement ; un progrès léger indique une élimination graduelle des mouvements faux et une croissance graduelle dé l'association entre les différentes parties. En termes neurologiques, urt progrès soudain dénote que la réaction suit certaines voies nerveuses nouvelles dans le système nerveux ; un progrès faible indique que les anciennes voies se développent graduellement.
Il n'y a que le progrès soudain qui puisse indiquer une connaissance intellectuelle du procédé d'après lequel on fait le mouvement; et même cela peut être le résultat du hasard de l'association. Le progrès gradué, montre un développement inconscient, et nulle connaissance intellectuelle. J ugés à ce point de vue, les animaux n'apprennent que par association graduée ; les singes seuls donne des signes de perception de leur façon de réagir \ L'homme adulte, dans la pratique d'un acte nouveau, donne des signes de perception de la meilleure façon d'agir. Mais le fait que pour la plupart le progrès de la pratique humaine est graduel, montre que les causes du perfectionnement sont en grande partie non intellectuelles.
I. Thorndike. Psychol. Review, 1898, Monogr. suppl., n® 8, et 1901, Monogr. suppl., no i5.
La question de savoir si l'acquisition du contrôle volontaire est un processus général ou spécifique, est importante, à cause des données suggestives, sinon concluantes, dont on peut se servir. Il a été établi que le contrôle sur les mouvements d'une main entraîne le contrôle des mouvements semblables de l'autre main qui n'a pas été soumise à l'entraînement. Une main peut avoir été exercée pour écrire, Tautre main, sans y avoir été préparée, peut faire des mouvements symétriques. Cela est vrai surtout lorsque les mouvements pour écrire sont exécutés à pleins bras plutôt que par le pouce et les doigts *. Si une main acquiert plus d'exactitude ou plus de célérité, cela augmente aussi l'exactitude ou la célérité de l'autre main, dans le même genre de mouvements*. Si l'un des pieds acquiert plus de pratique à frapper rapidement de petits coups, cela perfectionne les mêmes mouvements de l'autre pied et des mains ^. Si l'un des bras et la main sont entraînés à l'aide de dynamomètres ou d'ergographcs, sa force sera augmentée, ainsi que la force de l'autre bras, dans les mêmes mouvements *. En faisant de la pratique sur
1. E.-H. Weber et Fechner, dans le rapport de Fechner. Ber. der Konigl. sdchs. ges. der Wissensch. zu Leipzig. Math.-phys. Klasse, i858, X, 70.
2. ScRiPTURE, Smith and Brown. Studies from the Yale Psychol. Lab. y 1894, II, ii4-
Davis. Ibid., 1898, VI, 32.
WooDwoRTH. Psychol. Heview. Mon. suppl., n» i3, 1899, p. io5.