‹ Le mouvementChapitre 158 sur 184 · I. Pflïjger's Archiv f. die ges. Physi'oLy 1880, XXII · texte numérisé non relu

I. Pflïjger's Archiv f. die ges. Physi'oLy 1880, XXII

Un autre facteur contrebalance cependîint, en une certaine mesure, l'efTet de la vitesse. Supposons qu'une

grande rapidité soit nécessitée par le rythme rapide dans lequel sont exécutés une série de mouvements. Un mouvement répété d'une façon ryth-' mique tend à| acquérir et à main- j tenir une certaine!

uniformité, quand même on ne ferait !

aucun effort pour | y arriver. Et l'uni- I formité des mouvements répétés augmente, lorsque l'intervalle entre eux diminue. Lorsque les mouvements sont des ouj lignes droites, de , , , ^ I à 2 décimètres

^ ^ *^ de longueur, un

Fio. 12. — Rapports entre la vitesse et la intervalle de 3 Seprécision d'un mouvement. i .

' coudes entre eux

est moins favorable à la régularité qu'un intervalle de 1,5 secondes; l'intervalle le plus favorable semble résider dans le voisinage d'une demi-seconde.

Cette régularité automatique des mouvements répétés apparaissant même lorsqu'on n'accorde aucune attention à la précision du mouvement, elle réside indubitablement dans rinnervation initiale des mouvements et n'a rien à voir avec les corrections postérieures. Si donc la vitesse d'un mouvement augmente lorsque les intervalles entre les mouvements successifs diminuent, la vitesse augmentée a pour effet de diminuer la force des corrections postérieures et tend ainsi vers l'inexactitude (voir fig. 12). Les deux influences sont contradictoires. Si l'on a soin de les maintenir séparées en variant la vitesse et l'intervalle, indépendamment l'un de l'autre, le résultat est que lorsque la vitesse seule est changée, la précision diminue avec l'augmentation de la vitesse ; mais lorsqu'on ne modifie que l'intervalle, la précision augmente lorsque l'intervalle est abrégé. Si l'on augmente la vitesse en même temps qu'on diminue l'intervalle, la courbe qui exprime la relation entre la précision et la vitesse est telle que le montre la figure 12 (les yeux ouverts). D'abord la précision décroît rapidement (c'est-à-dire que l'erreur augmente) ; mais lorsque l'on arrive au point où les corrections postérieures ne sont plus possibles, l'erreur augmente à peine avec une autre augmentation de la vitesse. Si cependant le mouvement est tel que la régularité de l'ajustement initial est impossible, comme lorsqu'on exige que les mouvements successifs ne soient pas identiques, l'augmentation de la vitesse s'effectue d'autant plus au détriment de la précision.

On peut se convaincre de l'importance que joue le

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contrôle visuel pour assurer la précision du mouvement en examinant les figures 1 1 et 12.

Lorsque les ycax sont fermés y il ny a qu'une légère trace de corrections postérieures. Un mouvement fait sans le secours des yeux, dépend presque exclusivement de rajustement initial, et il est comparativement inexact. Les mouvements rapides, qui ne permettent de corrections en aucun cas, ont le même degré d'exactitude lorsque les yeux sont fermés que lorsqu'ils sont ouverts.

Le sens tactile et le sens musculaire sont donc de beaucoup inférieurs à l'œil et à l'oreille, comme guides des mouvements précis. Cependant, un mouvement exécuté avec les yeux fermés, mais avec un effort vers la précision, surpasse un mouvement fait sans aucun effort. Chez certaines personnes, la différence n'est pas grande ; chez d'autres, chez lesquelles la sensibilité musculaire est assez développée pour permettre des corrections postérieures, les mouvements exécutés avec les yeux fermés peuvent 'être approximativement aussi précis que ceux qui sont exécutés sous le contrôle visuel.

Supposons que le contrôle visuel est effectif; le mouvement dépendrait-il encoreàun degré quelconque (hi sons musculaire? La réponse est négative, d'après les résultats qu'on a obtenus lorsque les deux sens étaient en conQit l'un avec l'autre. On trouve que la main n'obéit alors qu'à l'œil, et l'on ne retrouve aucune trace de l'influence du sens musculaire. Il est hors de doute que la coordination interne du mouvement dépend encore du sens musculaire; mais l'étendue et la direction du mouvement, et particu-

lièrement les corrections postérieures, dépendent de l'œil. Ce qui précède ne s'applique qu'aux mouvements dans lesquels on recherche une grande précision, comme par exemple lorsqu'on essaie de copier exactement l'écriture de quelqu'un. Au contraire, dans l'écriture ordinaire où Ton ne recherche la précision qu'à un degré moindre, c'est le sens le moins précis qui gouverne les détails des mouvements, les yeux ne servant qu'à préserver la main d'erreurs trop grossières dans les espacements, Taligncmenl, etc. Dans l'écriture ordinaire, l'œil ne suit pas la plume avec minutje pour aller jusqu'à l'extrémité supérieure de 1'/ ou l'extrémité inférieure du y'; il ne voit l'écriture que d'une façon générale.

Lorsqu'on ne se sert pas des yeux, il reste à savoir si les sensations qui contrôlent l'étendue d'un mouvement sont des sensations de position, de durée ou de force. Cette question ayant été traitée dans un autre chapitre \ nous avons conclu que le contrôle de l'étendue était basé sur des sensations qu'on ne peut appeler que « sensations d'étendue » .

Un troisième point qui ressort de l'examen de la figure 1 1 est la supériorité de la main droite dans la précision des mouvements rapides. La raison en est visible dans les courbes. La main gauche est incapable de faire des corrections postérieures avec la même rapidité que la main droite ; d'où il résulterait que l'infériorité de la main gauche pour l'exactitude serait une conséquence de son infériorité pour la vitesse. Et c'est la vérité. Lorsqu'on accorde un temps assez

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