I. Op. cil., p
tures seront mises en rotation. Nous avons à peine la sensation vague, à peine la moindre perception anatomique du mécanisme musculaire dans lequel le mouvement doit être exécuté. Nous ne réfléchissons pas au processus par lequel le mouvement doit être exécuté ; ce que nous en pensons est le résultat de ce processus. Souvent l'attention se rapporte à l'apparence visuelle du mouvement qui doit être exécuté. Lorsqu'on parle ou qu'on chante, l'attention se rapporte au son que l'on produit ; nous ne songeons pas à faire des mouvements avec la bouche et la larynx, nous n'avons pas de conscience prémonitoire de ces mouvements ; nous avons simplement la conscience prémonitoire du son à produire. Dans d'autres cas, Tattention se rapporte au mouvement de quelque objet extérieur. Dans tous les cas, la conscience prémonitoire se rapporte au résultat voulu, et non pas au processus musculaire par lequel le résultat doit être atteint.
Ces faits ne réfutent pas simplement l'existence de la conscience du processus d'innervation ; ils font tort également au remplaçant qui a été offert pour cette conscience. Wu?iDT* admet maintenant que nulle sensation n'accompagne l'innervation des nerfs moteurs. Il remplace les sensations d'innervation par une conscience prémonitoire supposée du mouvement, consistant en des sensations périphériques reproduites du mouvement. Une certaine quantité de ces sensations reproduites peut sans doute être
1. Grundzitge der physiologisclien Psychologie, 4'*^ Auflage, 1894» I, 43 1.
LE SENS MUSCULAIRE fx']
présente, mais non point la représentation adéquate des détails du mouvement.
Nous pouvons conclure donc, en deux mots : la tension pour l'exécution d'un mouvement est une conscience prémonitoire du résultat du processus moteur ; les sensations de mouvement sont des sensations d'origine périphérique, produites par le mouvement.