Lombard. Journal of PhysioL, 1892, XIII, i
2. British Med. Journ., i885 (II), i35 et 1886 (11), loi. - Voir aussi Brain, 1891, XIV.
3 go LE MOUVEMENT
était distribuée à travers le système moteur ; qu'elle était le plus rapide dans les centres, ensuite dans les plaques motrices terminales, et ensuite dans les muscles ; car les fibres nerveuses, ainsi que l'on sait, ne donnent aucun signe de fa ligue comme résultat des impulsions nerveuses qu'elles laissent passer sans cesse. Les résultats de Mosso et de Waller semblèrent concluants et la prédominance des centres dans la fatigue du mouvement volontaire demeura une doctrine admise. Le progrès de fatigue étant représenté par la courbe de Mosso, la théorie suivant laquelle les centres nerveux se fatiguent d'une façon rapide fut en vogue. On trouve fréquemment dans les monographies et les livres des expressions comme « paralysie complète des centres moteurs », comme résultat de 5o à loo contractions maximales, et elles y ont passé sans provoquer de contradictions. Il est assez étrange que les modifications histologiques provoquées, ainsi qu'il a été démontré, dans les cellules nerveuses par une activité prolongée — changement d'aspect du corps de la cellule et du nuclée et désintégration partielle des corps chromatiques de NissL — aient été considérées comme venant à l'appui de la doctrine de la fatigue centrale rapide. Considérées attentivement, ces observations prouvent que les cellules nerveuses se fatiguent très lentement, car il faut avoir recours à une activité extrême et prolongée, pour que les modifications histologiques fussent visibles. Ces modifications n'indiquent d'ailleurs pas une paralysie fonctionnelle, car la capacité fonctionnelle peut encore exister à un haut degré dans les cellules qui niontrent des lésions extrêmes de la
LA FATIGUE DU MOUVEMENT Sgi
substance chromatique*. Maintenant qu'à la courbe défectueuse de l'ergographe à poids, on a substitué la véritable courbe du travail ergographique, ainsi qu'elle est fournie par le procédé de Trêves ou par Tergographe à ressort, la doctrine de la fatigue centrale rapide a perdu son unique point d'appui. Les centres nerveux, fussent-ils sollicités à exécuter des mouvements de force, de rapidité ou d'exactitude, peuvent répéter le même 'acte un nombre de fois considérable sans être atteints de paralysie fonctionnelle.
Il s'agit maintenant de savoir si le degré de fatigue manifesté dans la véritable courbe ergographique est d'origine centrale, d'origine périphérique ou d'origine centrale et périphérique en même temps. L'argument de Waller a été repris par Joteyko'-. Lorsque la moelle épinière de la grenouille est exposée et stimulée électriquement, elle n'est pas simplement sujette aux effets fatigants de sa propre activité, mais aussi à l'anémie et à des lésions mécaniques; c'est à ces dernières plutôt qu'à sa propre activité qu'est due la perte rapide de la fonction.
Cette objection ne peut certes s'appliquer aux expériences de Mosso sur les sujets humains ; mais l'interprétation donnée par Mosso à ces résultats n'est pas la seule possible. 11 est un fait remarqué par Mosso et dont il faut tenir compte lorsqu'on
1. GoLDscHEiDER et Flateau. Fortschrittc dcp Mcd . , 1897, XV, 2^1 . — Dkjerine. Société de bioL, 1897, p. 728. — EwiNG. Archives of Neurol. and Psychopathol. New-York, 1898, L 157.
2. Annales de la Société royale des Sciences méd. et naturelles de Bruxelles, 1899, ^^I^» f^^sc. 4-
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apprécie ses résultats. La stimulation électrique non seulement fait soulever un poids après cpie reflbrt volontaire est devenu incapable de le faire, mais l'inVerse est aussi exact. Si le muscle était d'abord épuisé en apparence par la stimulation électrique, l'eflort pouvait ensuite produire de fortes élévations. Les résultats de Walleu peuvent aussi être renversés : après que le muscle d'une grenouille a été épuisé en apparence, par stimulation directe, et qu'on transporte les électrodes sur le nerf moteur, ou sur la moelle, ou sur un nerf sensoriel quelconque, on peut de nouveau obtenir des contractions*. Ces résultats indiquent qu'un juuscle peut ne pas être irrité par des sliniiilanls d'une nature quelconque ou provenant d'une source, mais qu 'il peut cependant répondre à d'autres stimulants, lloucn^ croit que diflérents stimulants peuvent affecter différentes fibres nerveuses et par conséquent différe/ites libres musculaires. 11 n'est guère probable qu'en stimulant un nerf par l'électri cité appliquée sur la peau, que toutes les fibres ner- \euses soient également excitées. Certaines parties du muscle peuvent être en repos pendant que d'autres se contractent ; et si Ton modifie le point d'application du stimulant, en mettant en jeu de nouvelles
1. Ce rosultat n'a pas encore été publié. Le renouvellement de la contraction que l'on obtient en transportant Te point clo stimulation en remontant le long du système nerveux, n'est pas aussi marqué que lorsqu'on le transporte en descendant, mais il est parfois évident. Il est aussi possible d'obtenir ce renouvellement en portant les électrodes d'un point à un autre du muscle ou de la moelle.