Op. cit. et aussi C. R. Soc. de bioL, 1899, p
Sgi I^E MOUVEMENT
locale de l'clher sur le nerf. Après que le muscle excité par son propre nerf moteur eût été épuisé, elle écarta la galvanisation ou Téther et obtint une forte contraction dans Tautre patte. Il est évident que la moelle épinicre, quoiqu'elle fiit excitée d'une façon réflexe pendant une période qui aurait sufli à épuiser l'appareil moteur périphérique, n'était cependant pas épuisée. L'appareil périphérique se fatigue beaucoup plus vite que la moelle épinière ; on ne peut donc lui attribuer qu'une légèrle partie de la fatigue du mouvement.
La méthode la plus directe et la plus démonstrative pour la localisation de l'origine de la fatigue motrice a échappé apparemment à l'observation des auteurs. Il en est beaucoup qui ont fixé leur attention sur la forme comparative des courbes de fatigue, obtenues par l'effort volontaire et par la stimulation électrique, et ont pensé à déduire par comparaison certaines différences entre la fatigue centrale et la fatigue musculaire ; mais la comparaison la plus importante est entre les vitesses de faCujue, dans les deux cas. Il est clair' que si les ceatrcs nerveux se fatiguent plus vite que Tapparcil périphérique, la courbe de fatigue de la contraction volontaire montrera une perte plus rapide de force que la courbe de fatigue obtenue par l'excitation électrique du muscle ou du nerf. Et de plus, si les centres contribuent dune façon appréciable à la fatigue molrice totale, la courbe
I. WooDwoRTH. Amer. Journ. of Physiol., 1901, V, p. iv et New- York University Bulletin of the Med. Sciences, 1901, I, i33.
LA TATIGUE DU MOtJVEMENT SgS
des contractions volontaires descendra plus vite que la courbe des contractions excitées par rélectricité. Car non seulement les muscles s'affaibliront, mais l'innervation s'affaiblira aussi.
J'ai obtenu, en poursuivant cette idée, des courbes de fatigue des deux façons, et j'ai été surpris de ne pas trouver de différences appréciables dans la rapidité de la fatigue. J'ai obtenu aussi des courbes simultanées de fatigue des deux gastro-nemii d'une grenouille, dont Tun était stimulé par son nerf moteur, et l'autre d'une façon réflexe par un nerf sensoriel, et de nouveau je ne trouvai pas de différence dans la rapidité de la fatigue. J'en conclus que les centres nerveux ne contribuent pas d'une façon appréciable à la fatigue motrice totale. La fatigue des performances motrices bien entraînées semble n'être qu'une pure affaire périphérique.
Cette conclusion est fortifiée par d'autres exemples déjà mentionnés. Toute performance motrice qui exige un grand effort central, mais une énergie musculaire faible — comme par exemple l'exécution d'un mouvement exact — peut être répétée des centaines de fois avec une apparence minime de fatigue. Et tout ce qui empêche la fatigue périphérique diminue la faligue totale d'une façon remarquable.
Trêves a exprimé une opinion semblable * fondée sur la forme de sa courbe de fatigue. Cette figure correspond, dit-il, à l'économie probable du muscle. Quand il est reposé, il a une réserve d'énergie ; c'est
I. Archives ital. de biol., 1898, XXX, i5. — Pflûger's Archiv f. d. ges. Physiol., 1899, LXXVIII, i63.
SgÔ LE MOUVEMENT
pourquoi ses premières contractions sont fortes. Lorsque la réserve d'énergie est consumée, la force de contraction diminue, jusqu'à ce qu'on arrive à un équilibre entre l'énergie consumée dans chaque contraction et celle que fournit en même temps le sang ou la décomposition préliminaire des matières nutritives du muscle.
La courbe de fatigue de la contraction soutenue représente, au contraire, selon Trêves, la fatigue centrale. Cette opinion est contredite par le fait que la fatigue rapide de la contraclion soutenue est due simplement à la contracture^, et aussi par le fait que la rapidité de fatigue du tétanos volontaire n'est pas plus rapide que celle du tétanos du même muscle, provoqué par l'électricité.
On a imaginé encore d'autres stratagèmes pour essayer de démontrer que la fatigue motrice est d'origine centrale. Hocu et Krj^pelin ^ croient que la hauteur des contractions est une fonction de la condition musculaire, tandis que le nombre des contractions (ou plutôt la vitesse de fatigue dans la première partie de la courbe) est une fonction des conditions centrales. JoiEVKo'a adopté cette distinction et a essayé de déterminer, en l'employant, la vitesse de la fatigue centrale. Si l'on prenait un second