I. Grundriss der Psychologie, 1898, p
certaines méthodes graphiques. Une façon très simple d'enregistrer des mouvements courts est de garder un crayon entre les doigts et de tracer des lignes sur un papier, qui serait entraîné par un tambour en rotation, et les lignes tracées seraient en angles droits avec la direction de rotation. Ce système est surtout applicable à l'étude de la fatigue de la perception*.
Les principaux problèmes auxquels on se soit attachés dans Fétude de la perception de l'étendue du mouvement, sont : d'abord l'exactitude de la perception, dans les conditions les plus simples possibles, et secondement l'influence sur la perception de la variété et de la complexité des conditions.
L'exactitude, dans les plus simples conditions, a été plus particulièrement étudiée par Falk et par Ful-
LERTON et CaTTELL.
Falk^, travaillant dans le laboratoire de Kràpelo, a fixé horizontalement l'avant-bras à une légère charrette à quatre roues, se mouvant sur une voie horizontale. L'avant-bras était, soit poussé en avant, soit ramené en arrière, et la perception de ces mouvements était étudiée par les méthodes de « l'erreur moyenne » et des « cas exacts et inexacts ».
Dans les expériences de Falk, comme dans toutes celles que nous allons envisager, la perception visuelle était exclue ; seules les « sensations résidentes » formaient la base du jugement. Il semble qu'on
1. R.-S. WoODwoRTH. The Accurary of Voluntary Movement. Psychological Review. Monograph Supplément n® i3,
2. Max Falk. Versuche ûber die Raumschâtzung mit Hûlfe von Armbewegungen. Inaug. -Dissert. Dorpat, 1890.
puisse se fier aux expériences de Falk ; le seul reproche que je leur adresse, c'est de n'avoir été faites que sur lui.
Il a trouvé que la perception du mouvement est très aiguë. Les erreurs variables sont en moyenne de i/ii à 1/67 pour toute l'étendue du mouvement. Les mouvements les plus longs accusent relativement les plus petites erreurs. La direction du mouvement influe sur l'exactitude, les mouvements en avant étant mieux perçus que ceux en arrière. Mais la vitesse ou la force, ou la durée du mouvement, ou la position dans laquelle on l'a exécuté, ne semblent avoir aucun eflet sur l'exactitude de la perception.
En essayant de répéter un mouvement court (i-ô^"*) Falk a trouvé qu'il l'exagérait le plus souvent ; mais en répétant un mouvement long (20*^™), il le faisait trop court. Une longueur intermédiaire (environ 10*^") ne donnait pas ces a erreurs constantes » dans n'importe quelle direction.
Les travaux les plus complets et les plus dignes de foi sur la perception du mouvement ont été faits par FuLLERTON ct Cattell qui out agité les mêmes problèmes* sur l'étendue, le temps et la force du mouvement, aussi bien que sur la perception des poids soulevés. Leur procédé a été exact, ils ont répété chaque expérience plusieurs fois sur un même sujet, et ils ont obt^au des résultats concordants sur plusieurs.
I. On the Perception of Small Différences, with Spécial Référence to the Extent, Force and Time of Movement. University of PennsyLvania. Philosophical Séries, n° 2, 1892.
Nous aurons souvent l'occasion de citer leurs travaux, nous limitant pour le moment à ce qui s'en rapporte à la perception de l'étendue.
Ils ont fait des expériences sur un mouvement latéral du bras, qui entraînait le doigt le long d'une échelle horizontale. Dans l'une des expériences, le doigt reposait directement sur l'échelle, dans une autre il était supporté par une petite charrette à quatre roues roulant sur une voie. A l'aide d'un métronome on gardait à chaque mouvement la même durée.
FuLLERTON et Cattell Ont trouvé que des quatre « méthodes de mesures psychophysiques » qu'ils ont employées, la méthode de la moyenne des erreurs était la plus utile. Les résultats obtenus par les différentes méthodes concordaient.
Leurs expériences ont surtout été dirigées à déterminer les erreurs constantes et variables.
« Erreur de temps » constante, c'est-à-dire l'erreur du second de deux mouvements, comparé au premier — était positif, lorsque le mouvement était court ; il diminuait si le mouvement augmentait en longueur, pour changer complètement en une erreur négative par les mouvements longs ; ou en langage moins technique, lorsqu'une personne essayait de répéter un mouvement court, elle le faisait trop long, et vice-versa, ce qui concorde avec les résultats de Falk. Tous les sujets de Fullerton et Cattell ont montré la même tendance, à des degrés diff*érents ; ce qui différait surtout de l'un à l'autre, c'était le point de transition dans lequel l'erreur changeait du positif au négatif ; même variété pour différentes séries d'expériences sur le même sujet. Chez
une personne le point de transition se trouvait entre 5oo et 700 millimètres dans une expérience, et entre 3oo et 5oo dans une expérience peu différente. Chez une autre personne, il se trouvait audessus de 700 millimètres.
L'erreur constante, et de même Terreur variable étaient souvent moindres lorsque le mouvement était de 700 millimètres, que lorsqu'il était de 5oo. Enfin, le plus long de ces deux mouvements était fait avec plus d'exactitude que le plus court. Ce résultat, si contraire à la loi de Weber et à toutes nos attentes, peut s'expliquer par la puissante sensation d'effort qu'on éprouve beaucoup lorsque le coude est étendu dans le mouvement de 700 millimètres. Les mouvements courts n'ont pas de signe sensoriel aussi vif, pour en marquer le point final. Nous voyons donc quelles complications entourent les conditions de la perception du mouvement. Si l'on change l'étendue ou la force ou la position du mouvement, de nouveaux muscles entrent en jeu et de nouvelles qualités de sensation naissent de la peau, des jointures et des tendons ; il y a même lieu de s'étonner que la perception du mouvement se conforme après tout à quelque formule exacte.
L'exactitude de la perception a été très inégale chez différentes personnes, et avec des étendues de mouvement différentes. L'erreur variable était de 1/6 — 1/77 de la longueur du mouvement. En général, elle augmentait avec l'étendue du mouvement, mais plutôt faiblement. Elle ne concordait pas avec la loi de Weber, mais plutôt avec la formule d'alternative proposée par les auteurs, et selon laquelle
l'erreur de la perception augmente comme la racine carrée de l'amplitude perçue. Nous en reparlerons dans le chapitre qui a trait à la loi de Weber.
En ce qui concerne l'exactitude, la perception musculaire de l'étendue du mouvement est presque pareille à la perception des poids soulevés et très supérieure à la perception tactile du poids ou de l'étendue.
La perception musculaire de l'étendue est toutefois moins exacte que la perception visuelle de l'étendue. Cela a été prouvé directement par JASTROvv^^ Et Bow- DiTCH et South ARD* ont démontré que la position est aussi perçue plus exactement par la vue que par le sens musculaire. Leur méthode consistait à localiser d'abord un point en le fixant, ou en fermant les yeux et en plaçant le doigt sur ce poîht, et d'essayer ensuite de retrouver ce point en dirigeant le doigt de ce côté, les yeux étant fermés. Le point était retrouvé beaucoup plus exactement lorsqu'il avait d'abord été localisé par la vue. En employant cette même méthode, Kramer et MosKiEwicz ^ ont trouvé que la perception musculaire de la position peut arriver à être plus exacte qu'au début et qu'elle est plus exacte dans l'espace familier où l'on tient la main pour écrire que dans l'espace en avant ou de côté.
Les travaux déjà cités comprennent presque tout ce qui a été essayé sur le problème élémentaire de
I. J. Jastrow. The Perception of Space by Disparate Sensés. Mind., 1886, XI, 539-554.
3. A Comparison of Sight and Touch. Journal of Physio^ logy, 1881, m, 232-245.