A. -M. Bloch. Revue scientifique, 1890, XLV, sg^-Soi
Les mouvements de direction et d'étendue symétriques peuvent être exécutés, selon Bloch, aussi bien lorsque la force musculaire déployée par les deux bras est inégale, que lorsqu'elle est identique. Par exemple si un bras est mis en mouvement par une autre personne, l'autre bras peut parfaitement exécuter le mouvement correspondant. Ou, si l'un des mouvements éprouve plus de résistance que l'autre, la symétrie n'est pas détruite.
Sur ce dernier point les auteurs ne sont pas d'accord. Quelques-uns ont trouvé qu'une différence dans la force musculaire de deux mouvements, ne doit point amener d'inégalité dans l'étendue; d'autres soutiennent le contraire. Les différences individuelles, ou du moins les différences dans le procédé, semblent avoir une grande influence.
Nous avons vu qu'il est facile d'obtenir des mouvements correspondants des deux bras, pourvu que ces mouvements soient simultanés. Mais il reste à savoir si la symétrie est complète, ou si le mouvement de l'un des bras ne tend pas à dépasser celui de l'autre. La question se réduit donc à celle d'une asymétrie bilatérale du mouvement.
Hall et Hartw^ell * ont les premiers examiné cette question, et mên^e ils ont été parmi les premiers auteurs qui aient accordé de l'attention à la perception de l'étendue du mouvement. Ils ont fait des expériences sur deux droitiers et deux gauchers. Les mouvements qu'ils ont étudiés étaient des mouvements
I. G. Stanley Hall and E.-M. IIartwell. Bilatéral Asymmelry of Function. Mind., i884, IX, 98-109.
lOO LE MOUVEMENT
latéraux des bras, avec point de départ sur un plan médian; les doigts reposaient sur une échelle horizontale, sur laquelle on mesurait retendue.
Ils ont trouvé que la symétrie des mouvements bilatéraux n'était pas parfaite. Les droitiers remuent le bras droit plus loin que le gauche, et les gauchers, le bras gauche plus loin que le droit. C'était donc une asymétrie définie, quoique pas très prononcée.
Mais cette asymétrie apparaît à peine, à moins que les bras ne soient mis simultanément en mouvement. Si un intervalle d'une seconde ou de quatre secondes intervient, l'erreur constante de l'asymétrie bilatérale en est diminuée, ou même annulée.
Nous avons donc ici une loi simple et définie, en ce qui concerne l'asymétrie bilatérale du mouvement. Lorsque les bras remuent simultanément en des directions symétriques, le bras préféré tend à aller le plus loin ; ce qui cesse d'être vrai lorsque les mouvements yie sont pas simultanés. Par rapport à la perception, le mouvement du bras préféré est sousapprécié, en comparaison avec l'autre.
Malheureusement cette loi si simple ne s'accorde pas avec les résultats d'autres écrivains.
Ainsi Cremer ' a fait des expériences sur 26 personnes et 5 à peine n'ont pas montré d'inégalité dans les mouvements des deux bras. Cette inégalité était parfois très marquée. Les mouvements les plus longs n'étaient cependant pas toujours effectués par le bras préféré ; en effet, beaucoup de droitiers exécutaient les mouvements les plus longs avec le bras gauche.