‹ Le mouvementChapitre 33 sur 184 · I. J. LoEB. Pflûger's Archiv., 1887, XLI · texte numérisé non relu

I. J. LoEB. Pflûger's Archiv., 1887, XLI

LA PERCEPTION DU MOUVEMENT lOI

Ce fait détruit la simplicité de la loi obtenue par les résultats de Hall et Hartwell.

Dans le but de faire d'autres lois générales, qui s'accordent avec les résultats de Cremer, Loeb, dans le laboratoire duquel ces résultats avaient été obtenus, propose ce qui suit : En général, lorsqu'un droitier essaie de faire des mouvements symétriquement égaux avec les deux bras, il fait les mouvements du bras gauche les plus longs; mais ceux qui sont habitués à beaucoup de travail manuel font les plus longs mouvements de la main droite. En d'autres mots, ils sous-apprécient le mouvement du bras préféré, et les autres le sur-apprécient.

Cette loi de Loeb ne peut être considérée comme très sérieuse, le nombre de cas qu'il a eus à sa disposition, ainsi que la distinction qu'il fait entre les ouvriers, habitués au travail manuel, et les autres personnes, ne sufiBsant pas à garantir une loi fixe et générale.

Nous pouvons dire plutôt que la majorité des personnes ont l'habitude de sur-apprécier le mouvement de l'un des bras, mais que ce soit celui du bras préféré ou non, cela semble plutôt une affaire d'habitude ou de particularité individuelle.

En ce qui concerne l'autre partie de la loi de Hall et Hartw^ell, Cremer et Loeb l'adoptent. L'asymétrie bilatérale n'apparaît que lorsque les mouvements sont simultanés. Si l'un des bras exécute le mouvement un peu plus tard que l'autre, le premier ou le second mouvement est en excès, quel que soit le bras qui a fait le premier mouvement. Certaines personnes font le premier mouvement le plus long,

d'autres, le second. L'erreur habituelle d'asymétrie bilatérale disparaît, et une « erreur de temps » habituelle en prend la place \

Le fait que l'on constate toujours différentes er-reurs constantes, les mouvements bilatéraux soientils simultanés ou successifs, semble à Loeb une preuve de l'existence des « sensations d'innervation » . (c Les sensations périphériques de deux mouvements, dit-il, doivent être les mêmes, soit qu'elles aient lieu en même temps, soit l'une après l'autre . » Nous pouvons ajouter que le processus moteur périphérique doit aussi être le même dans les deux cas, de sorte que la différence doit provenir du processus central. Mais le processus central n'implique pas seulement l'innervation des muscles, mais aussi la réception des impulsions sensorielles éveillées par les mouvements ; et les conditions de réception ne sont pas les mêmes pour les mouvements successifs et pour les mouvements simultanés.

Lorsqu'on perçoit des mouvements simultanés, il y a une division de l'attention, ce qui n'arrive pas lorsque les mouvements se succèdent. Et l'attention peut être divisée inégalement entre deux mouvements simultanés. Si le mouvement de la main gauche, par exemple, est accompli avec plus d'attention que celui de la droite, les sensations en produiront un effet plus conscient, et ce mouvement tendra à être sur-apprécié dans l'étendue. Si une personne a l'habitude de prêter plus d'attention à sa main gauche, elle en sur-appréciera les mouvements. Mais si lesmouve-

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