I. Op. cit., p
d'origine perceptive. L'erreur due au manque de contrôlé moteur était presque moitié aussi grande que l'erreur de la perception.
L'erreur de temps était positive pour les efforts faibles et négative pour les plus forts ; c'est la moyenne du résultat obtenu sur cinq personnes. Tous les individus montraient la même tendance à diminuer l'erreur de temps positive, lorsque Teffort augmentait, mais deux des sujets ne changeraient pas à une erreur négative dans les limites de la force employée. Le point de transition pour ces deux individus était au-dessus de 16 kilogrammes; pour deux autres entre 2 et 4 kilogrammes, et pour le cinquième entre 8 et 16 kilogrammes.
Les personnes qui voudraient expliquer l'erreur négative des grands efforts comme un effet de la fatigue, pourront se rapporter au fait cité à la table de la page 84 du travail des auteurs. Ils ont toujours fait deux séries de dix expériences chacune, la seconde série immédiatement après l'autre, avec très peu de repos entre. Si la fatigue survenue en tirant le dynamomètre était la cause de l'erreur négative du temps, la seconde des deux séries devait montrer une erreur négative plus prononcée que la première série ; mais rien de pareil n'est prouvé par la moyenne des résultats ; il y a même une légère tendance dans la direction opposée.
La PERCEPTION DES POIDS SOULEVÉS
Depuis Weber, la perception de la pesanteur a
Il8 LE MOUVEMENT
donné lieu à de nombreuses expériences psychologiques. Les cliniciens se sont aussi servis du soulèvement des poids, comme un moyen de contrôler le « sens musculaire » de leurs patients et ont contribué ainsi aux méthodes et aux résultats de ce sujet. Mais les méthodes employées pour l'examen clinique n'ont pas toujours l'exactitude exigée par les psychologues.
Les méthodes employées sont deux en principe : parfois les poids ont été simplement placés ou pris à la main et soulevés de la façon ordinairement employée dans la vie ; d'autres fois les poids ont été placés sur des leviers, attachés au bras ou à la main, ou à la jambe. Dans ce cas, le mouvement de la main pour soulever les poids, peut être exécuté de haut en bas.
Dans les expériences originelles de Weber*, les poids étaient placés sur un carré de drap, dont les angles étaient réunis et saisis entre les doigts. Wkbeu croyait que de cette façon le sens de la pression purement tactile était exclu deTeffet sur le jugement. On pouvait aussi varier la sensation de la pression, indépendamment du poids, en saisissant le drap avec plus ou moins de fermeté. Weber a conclu de ses expériences que les poids étaient discernés avec autant de finesse par le sens musculaire tout seul que par le sens musculaire, plus le sens tactile.
Les dilîérences étaient le mieux perçues, lorsque les deux poids étaient soulevés successivement par la même main ; ensuite, lorsqu'un seul poids était
I. E. II. Wkhek, dans le llandwôrterbuch der Physiologie de Wagner, i8/|(), lll, 2, |). 5/|.i et suiv.
soulevé par chaque main, mais toujours successivement ; et le moins bien lorsqu'ils étaient soulevés simultanément par les deux mains.
De légères différences pouvaient encore être perçues lorsque l'intervalle entre les deux expériences était de lo ou i5 secondes, et les différences un peu plus grandes étaient perçues lorsque l'intervalle excédait une minute.
Parmi lo personnes, 7 distinguaient 78 grammes de 80; d'où Weber infère que i/4o est une différence perceptible pour la plupart des individus normaux. Une différence de i/3o était difficilement perçue par le sens tactile ; le sens musculaire de la pesanteur est donc plus vif que le tactile.
Une erreur constante particulière a été remarquée dans ce fait que des objets en métal froid semblaient plus lourds que les mêmes chauffés.
L'appareil de Weber a été employé par 1Ierin(î et ses élèves. Biedermann et Lowjt * pour expérimenter la loi de Weber, et a aussi été employé dans différents examens cliniques.
Fechner^ a fait sur lui-même un grand nombre d'expériences ; pendant plusieurs années, il s'est exercé chaque jour à soulever des poids. Tous ses travaux n'ont pas été publiés. Son but était de mettre à l'essai la loi de Weber et la fondation empirique de la « méthode des cas exacts et inexacts »
I. E. Hering. Sitzungsherichte der Wiener Académie der Wissenschaften. Math.-Naiurw. Klasse, 3 Abtli., 1870, LXXII, 342.