I. Op. cit., p. 44 et suiv
LA PERCEPTION DU MOin'EMENT I27
léger un poids qu'on soulève facilement et comme lourd celui qu'on soulève difficilement.
On a fait usage de ces impressions de lourdeur ou de légèreté pour la compréhension d'un autre fait, observé par les mêmes auteurs, c'est-à-dire que les jugements sont plus exacts et les fautes moins nombreuses lorsque le premier poids d'une paire, prise pour comparaison, est Tunité fixée, que lorsqu'il est un des poids variables. L'ordre : l'unité suivie par le poids variable est plus favorable à une perception exacte que l'ordre : poids variable suivi par l'unité. L'explication des auteurs consiste en trois points : I** l'impression de. légèreté ou de lourdeur est ordinairement juste et aide ainsi à la comparaison ; surimpression est plus souvent éveillée par les poids variables que par les poids pris comme unité ; 3° cetle impression aura plus d'effet lorsqu'elle sera éveillée par le second poids soulevé, car alors elle sera plus claire dans la conscience au moment où on prononce son. jugement. Donc, l'impression sera d'un plus grand secours lorsque le poids variable suit le poids pris comme unité que lorsqu'il le précède.
Ce qui précède est un exemple de la façon de raisonner des auteurs; c'est subtil, indirect et suggestif plutôt que convaincant. Le troisième point de leur argumentation est une pure supposition, ne concordant pas avec leur propre observation, que Timpression de légèreté ou de lourdeur produite par le second poids est introspectivement moins intéressante que celle du premier poids. On pourrait faire d'autres suppositions encore, mais, ce qui est nécessaire, c'est une expérience directe et probante.
Un autre facteur dans l'appréciation des poids était ce que les auteurs ont nommé le « type » * . Ils ont distingué deux classes ou types de personnes, un type qui apprécie mieux les poids variables qui dépassent le poids pris comme unité, et l'autre type, celui qui apprécie mieux les poids variables moins lourds que Tunité. Cette seconde classe se compose de personnes musclées et autres, qui soulèvent les poids avec énergie, la première classe se compose de personnes faibles. La raison peut en être que la force donne souvent l'impression de la légèreté et la faiblesse rimpression de la lourdeur. Souvent la fatigue transforme des gens forts en faibles et la pratique transforme souvent des faibles en forts.
Ces auteurs ont trouvé que l'erreur de temps, ainsi que l'avait dit Fechner, était positive, excepté lorsque Tunité de poids était plutôt grande. Ils expliquent ce qui précède en ternjes de motion : un poids lourd peut causer une fatigue musculaire, de façon que le second mouvement, fait pour soulever, soit plus faible que le premier, dans lequel cas le second poids semblera trop lourd, en rapport avec le premier (erreur de temps négative) ; mais un poids léger peut agir en sens contraire, en stimulant les muscles et les centres nerveux, alors le second mouvement sera plus fort que le premier et le second poids semblera relativement trop léger. Les essais faits pour rendre l'erreur de temps négative à l'aide de la fatigue musculaire ont eu peu de succès ^.