DIFFÉRENTES PERCEPTIONS DL MOUVEMENT
les sensations de cette résistance — soient -elles conscientes, ou des impressions afférentes qui n'affectent que les centres inférieurs — agissent d'une façon réflexe pour augmenter la force de la contraction. A un manque de résistance succède un réflexe inhibitoire. Par ce circuit sensorio-moteur la force de contraction est graduée exactement d'après la résistance rencontrée. L'importance de ce contrôle réflexe est démontrée par des maladies comme l'ataxie locomotrice dans laquelle, comme résultat de sensations musculaires défectueuses, la force du mouvement n'est pas exactement graduée d'après la résistance.
Dans cette contraction excitée d'une façon réflexe nous avons une nouvelle source des sensations de la pesanteur. En dehors de la rotation passive des jointures et de la tension passive dues à l'inertie du poids nous avons une tension et une rotation dues à l'activité musculaire.
En soulevant un objet dont le poids nous est inconnu, nous commençons par une simple impulsion et nous augmentons graduellement la force jusqu'à ce que le poids se mette en mouvement. Nous percevons la force exercée, et jugeons du poids en partie par là.
En soulevant un objet connu, nous sommes plutôt capables de proportionner l'impulsion motrice initiale au poids. Cette adaptation peut devenir si commune qu'elle échappe à la perception. La théorie de MtJLLER-ScHUMANN uc s'applique qu'à cette catégorie de faits. Mais des différences légères dans le poids causent sans doute des différences correspondantes
l68 LE MOUVEMENT
dans la force d'élévation, et celles-ci sont probable^ ment perçues.
Lorsqu'on étudie bien l'effet de VEnstellung sur laquelle est fondée la théorie que la force d'élévation est déterniinée par l'habitude et n'est pas perçue, et qu'on examine cet effet quantitativement, la déduction en est toute contraire. Si quelqu'un s'est habitué à soulever un poids de 700 grammes suivi d'un autre de 2 5oo grammes et déploie une force bien proportionnée à l'élévation de ces deux poids, les poids lui sembleront-ils égaux? Certes non. Celui de 700 grammes pourrait sembler égal à un poids de 900 grammes qu'on substituerait à celui de 2 5oo, mais égal à un poids de 2 5oo, cela jamais.
La différence entre la force des deux élévations était perçue et l'on en tenait compte. Lorsqu'on substituait le poids de 900 grammes à celui de 2 5oo, était-il soulevé par la même force que celle qu'on employait pour le poids de 2 5oo ? Non, autant que nous pouvons en juger avec les mesures de la vitesse que mettent les poids à s'élever ^
La force d'élévation n'étant pas entièrement déterminée par l'adaptation précédente des centres moteurs, elle était tempérée par le poids rencontré réellement.
En résumé l'effet de VEnstellung n'est pas suffisamment fort pour montrer ce qu'on en attend. La force de l'élévation n'est que partiellement indépendante du poids rencontré et n'échappe que partiellement à la perception.